Hex Enduction Hour par XavierChan
Au départ, cet album de The Fall au titre imprononçable, a juste été d'une agression auditive complaisante.
Le leader Mark E.Smith éructe des couplets et semblants de refrains qui s'apparentent plutôt à des slogans de manifestation. Sa voix reste noyée loin derrière un océan de bruits électriques, de claquements, d'une batterie qui claque comme du verre brisé sur un sol jonché de pisse et de tessons de bouteilles, d'une guitare qui déraille complètement et qui assène des riffs répétitifs obsédants, presque dangereux. Le dernier morceau est aussi dur que le plus dur des Stooges période Raw Power.
Et pourtant, l'alchimie est ahurissante. Rarement aura t-on eu autant envie de se foutre sur la gueule, comme une arrivée de hooligans sur un camp adverse pour s'envoyer des beignes juste parce que ça défoule. Mais en même temps on repense aux Mods des Who, au minimalisme du Velvet de Lou Reed, au psychédélisme des Byrds et aux notes aériennes de Big Star dans ses plus beaux moments (The Classical, Fortress, deer Park, Winter), avec toujours cette liberté artistique inouïe (Who Makes the Nazis, prononcé "nadzeuz") typique de toute cette mouvance "indé". Le morceau le plus connu, entendu dans le monde entier, est celui qui figure lors de la découverte macabre de Jodie Foster dans l'antre du tueur dans Le Silence des agneaux!
Un album ahurissant, dur à apprivoiser.