Lorsque These New Puritans a sorti Beat Pyramid en 2008, il était évidemment impossible de prévoir que leur post punk burné allait muter en une sorte d'opéra mystique et tribal. Quoi, quatre jeunes musiciens, la vingtaine à peine frappée, buzzés comme il faut, se suicideraient commercialement sur un deuxième disque en livrant une œuvre noire, complexe, presque conceptuelle ?
Pourtant cette audace effrontée se montre payante à tous les égards. D'abord parce que l'album est passionnant de bout en bout (de nouvelles règles artistiques sont posées), d'une puissance inouïe (les percussions écrasent tout), et ensuite parce qu'Hidden est une expérience totalement neuve, mais qu'elle n'oublie pas pour autant le plaisir. On pourrait même dire que les anglais sortent ici un disque jouissif, facilement assimilable malgré son ton pour le moins surprenant. D'ailleurs, on peut le dire, on avait pas été autant bluffé depuis Kid A.
Enfin et surtout, These New Puritans a conçu un disque beau, en dépit de sa martialité. Ce sont ces chœurs et instruments à vent, omniprésents, qui, même dominés par un climat ténébreux, éclairent d'une lumière mystique ces compositions par ailleurs labyrinthiques, boostées par une rythmique pachydermique.
Tout squelette de composition rock "traditionnel", qu'il s'agisse des instruments employés ou de la construction des chansons, a donc été broyé au détriment d'un son et d'une ambiance absolument uniques. Ca aurait pu être fatiguant, hermétique, grandiloquent... Et ce n'est pas loin du génie. Pourquoi ? Parce que These New Puritans, comme tous les grands, porte en lui un sens aigu de la mélodie, déjà décelé sur Beat Pyramids.