Ancré longtemps sur l'album de 2011, Svartir Sandar, où le groupe islandais écumant les genres entre le métal, le progressif et le stoner, m'avait agrippé avec les magnifiques images de "Fjara", je n'avais jusque-là que survolé les autres albums dans lesquels je me posais tel un goéland opportuniste sur un rocher le temps d'écouter un morceau ou l'autre.
2025. Le dernier album datant de plusieurs précédents mois était passé inaperçu jusqu'à l'apercevoir dans un rayon approprié au genre musical que jouent ces métalleux descendants des Norrois.
À la première écoute, les trois premiers titres ont vite accroché l'attention : on a envie de danser sur le disco-métal "Hún Andar", on est soufflé par "Hin Helga Kvöl", le morceau le plus brutal de l'album, on se laisse volontiers entraîner dans la célérité de "Blakkrakki". Ce n'est qu'après que ça peut devenir problématique après ces trois morceaux costauds, avec un risque de relâcher l'attention dès "Sálumessa", ce dernier, plus planant, s'appréciant mieux avec le temps avec ses grosses guitares réverbérées rappelant pas mal Sigur Rós avec l'album, Ágætis Byrjun.
Néanmoins, le reste du disque nous plonge dans une brume due à cette inattention persistante, entre les gros effets de réverbération faisant accentuer dans l'imagination les immensités des paysages à la fois âpres et beaux de l'Islande et les quelques tempêtes restantes à traverser comme dans "Nú Mun Ljósið Deyja".
Hin Helga Kvöl marque par la noirceur de ses cieux, des textes partiellement traduits abordant les thèmes de la mort, du deuil, des ténèbres (c'est la fête, c'est la joie !), ainsi que par son tiercé de titres du début qui occulte presque tout le reste, donnant une impression de déséquilibre sur l'ensemble de l'œuvre.
Il faut le temps ...