Un album culte, que celui-ci. A la croisée des genres et fondateur d'autre chose encore.
D'abord la musique : comment la classer ? clairement du rock, mais parfois du free jazz, et puis du spoken words et même du reggae (Redondo beach). Une impression de bordel ambiant musicalement, mais en réalité avec des musiciens de haut niveau. C'est la force de cette musique : te faire croire à un méga bazar mais en réalité, un truc certes parfois improvisé, mais complètement maitrisé. Une volonté de donner plus d'énergie brute que de virtuosité.
Et puis la nana n'a pas l'intention de mettre sa langue dans sa poche. A la base, Pattoche, c'est une poétesse du New York underground (d'ailleurs, John Cale, l'âme musicale du Velvet Underground en est le producteur). Elle a juste mis des musicos autour d'elle pour mieux pénétrer les coeurs. D'où les nombreux moments de Spoken Words (Birdland, épopée de 8-9 mn, en est le grand représentant). Et puis, elle parle de liberté, de révolution, d'énergie physique, de libération des corps et des sexes.
Et cet album est aussi culte parce que New York, parce que John Cale, parce que la pochette androgyne et défiante (tu vas faire quoi ?) et parce qu'annonciateur du punk (même si je ne pense pas que le punk ne me puisse autant me plaire que cet album).
J'avoue, j'avais commencé par un 7. Mais un 8, le temps passé à saisir le sens des paroles, à admirer la liberté musicale de l'album, c'est mieux.
Critique de ma liste Face B, une série d'artistes musicaux précurseurs ou provocateurs ou libres.