Le dernier album de Florence Welch est à son image : séduisant. Energique, talentueux, virtuose, puissant et plus encore, il est un condensé de hit en puissance qui feront gueuler une foule de vingt mille personnes et provoqueront à coup sûr une recrudescence de rhinopharyngite. Car en plus de proposer des refrains (ultra) entrainants, Florence bouscule les petites gens avec sa voix charnelle et véritable. Les fans les plus passionnés cherchent encore leur corde vocale sur le parterre de Glastonbury 2015.
On aime la voir aussi haut, Florence. Ce nouvel album est un bijou de pop entrainante qui bouscule les contours mainstream et nous prouve qu’il est possible de pondre des medleys grand public sans pour autant vendre son âme au diable (qui aujourd’hui porte le nom de « Commercial »). Ship to Wreck est la première chanson. Son riff est fort, agressif et à la fois si bien produit que la musique s’accorde à la FM. Derrière les manettes, Markus Dravs : un guerrier victorieux de plusieurs Grammys, notamment grâce à ses productions-blockbuster qui aujourd’hui peuvent être considéré comme des tags intemporels sur les murs de leur époque. Je parle de Sunburbs d’Arcade Fire, Babel de M&S ou encore Viva La Vida And Or Death And All His Friends des très appréciés Coldplay (jock). Le monsieur signe l’écriture des pites 4 et 5, et partage parfois la production avec Paul Epworth, lui-même fidèle depuis toujours à Welch.
Continuons. What Kind of Man est un single plus qu’appréciable, porté par une voix qui interloque, qui parle au cœur. Mais l’album monte vraiment en puissance lorsque le titre éponyme résonne : How Big, How Blue, How Beautiful et sa construction carrée amasse les éloges de votre humble serviteur et pseudo-critique, notamment lors du final tout en cuivre qui parait comme un terrible raz de marée dans nos âme déjà bien secouées. Et la solennité de Queen of Peace ne viendra en aucun cas apaiser notre excitation : son introduction, gracieuse et terriblement orchestrale, suivit d’une rythmique trépidante, écorche la sensibilité de n’importe qui. C’est un vrai plaisir d’écouter ces musiques. Various Storms and Saints est la chanson la plus intimiste, la plus spirituelle et, pour ainsi dire, la plus personnelle. C’est un déplaisir plaisant que d’écouter les psalmodies lyriques de Florence, dont la voix à la capacité de transcender notre petite tête pour nous emmener dans de sublimes parcours musicaux.
L’album vit ensuite des moments plus modestes, où l’écriture de Florence s’exprime de manière planante, au travers des titres tels que Caught ou St Jude. Ces morceaux restent de petits bijoux intenses et sincères, où l’humilité et les jeux des cadences dans la voix de Welch restent tout du long extraordinaires. J’énoncerai aussi la qualité des harmonies instrumentales, qui rappellent parfois la torpeur de Sigor Rus ou de Bjork. Le travail sur le background sonore est aussi étonnant, comme nous le prouve Mother, où les nuances entre chaque partie modèlent un morceau énergique et plein d’originalité. Enfin, une joie vivifiante transparait du morceau Hiding, véritable hit disponible dans la version Deluxe. Un Ship To Wreck 2.0 qui aurait eu sa place dans la tracklist initiale de l’album.
Personne ne fut bouleversé ni étonné quand on annonça Florence + The Machine en tant qu’headliner à Glastonbury, en remplacement des Foo Fighters. Les deux groupes jouent désormais dans la même cour, Florence proposant des titres propices à la folie et l’exigence du stade. Je guetterais pour ma part ses prochaines dates en France, tant l’artiste a une réputation irréprochable en live.