Al Green – I Can't Stop – (2003)
Je suis bien loin d’être un amateur averti de soul music, mais il m’arrive d’en écouter, souvent avec plaisir. Pour ce qui concerne Al Green je ne possédais qu’un seul album de lui, plutôt sympathique d’ailleurs, l’exquis « Let's Stay Together » de soixante-douze. Mais ma collec a doublé avec l’arrivée de « I Can’t Stop » de deux mille trois.
Cet album est pour le chanteur une sorte de plongée dans le passé, comme un bain de jouvence, un retour en arrière, vers les années soixante-dix précisément. Il renoue avec le vieux Willie Mitchell, qui savait si bien trouver le « son », autrefois, et tente de recréer les conditions anciennes, dans les mêmes studios, les fameux « Willie Mitchell's Royal Studios » de Memphis, avec les mêmes personnes, musiciens et choristes si possible, ainsi les chœurs féminins sont les « authentiques » !
Le résultat est plutôt agréable, mais ça peut varier en fonction des titres, certains étant particulièrement réussis et d’autres peut-être moins flamboyants, mais côté chant et arrangements c’est plutôt régalant. Les gospels, rhythm’n blues et autres sucreries sont plutôt bienvenus si on adhère sincèrement à cette musique souvent positive et revigorante.
Déjà, la chanson d’ouverture, « I Can’t Stop », est tout simplement tubesque, malgré la grosse batterie à l’avant, signe des temps anciens, ça fonctionne particulièrement bien et vous emporte dans une grande embardée. L’intérêt se maintient assez longtemps avec des titres plutôt emballants, comme « Play To Win » ou le tendre « Rainin' In My Heart », titre lent un peu emphatique.
C’est rarement ennuyeux car la magie opère le plus souvent, une grande partie de l’intérêt tient dans cette voix unique, restée flamboyante enrobée dans toutes ces couleurs « soul » qui envoient magnifiquement, comme sur « you » qui fonctionne bien.
Il y a également l’emballant « I've Been Thinkin' Bout You » qui balance bien, dans la lignée « Stax » avec le son d’époque. Les paroles étant fournies on goûte également aux petits plaisirs, comme sur « Not Tonight » où il s’adresse à son épouse, « Ne monte pas dans ce train, Baby pas cette nuit, Je suis amoureux de toi, Je te jure que c’est la vérité… », c’est bien gentillet…
« Million to One » est encore meilleure dans le genre ballade, une ode à l’amour où on fait les comptes, le bluesy « My Problem Is You » va bien également avec ses arrangement luxueux et les solos qui régalent, introuvable sur le tube. Le final « Too Many » ressemble effectivement au mot « Fin » apparaissant quand le film se termine et qu’il faut passer à la case rangement, « Au revoir et à bientôt » !