Weather Report – I Sing The Body Electric – (1972)
C’est le second album de la formation, il voit arriver le remplaçant d’Alphonse Mouzon, c’est Eric Gravátt qui s’installe à la batterie, pour le reste on retrouve Josef Zawinul, Wayne Shorter et Miroslav Vitous, il faut également saluer l’arrivée du percussionniste Dom Um Romano qui remplace Airto Moreira.
Il y a aussi quelques invités, Hubert Laws à la flûte, Ralph Towner à la guitare, Andrew White au cor anglais et Wilmer Wise à la trompette, il faut compter également avec des chœurs. On le constate, on fait tout en grand, sans hésiter sur les moyens, et les résultats sont bien là !
Pourtant l’album ne représente pas un « tout » uni, la première face est assez atmosphérique, elle propose quatre titres plutôt réussis, avec « Crystal» qui se dégage probablement, mais les autres ne sont pas loin derrière. Pourtant, malgré la réussite de ce travail très léché en studio, c’est en retournant le vinyle qu’arrive le gros choc, avec un enregistrement « Live » au Shibuya Kokaido Hall de Tokyo le treize janvier mille neuf cent soixante-douze.
Il faut croire que le contact avec le public réussit bien à la formation, comme si une sorte d’ivresse s’emparait des musiciens et les poussait vers le meilleur. La face s’ouvre sur un medley constitué par « Vertical Invader », « T.H. » et « Dr. Honoris Causa » pour dix minutes quarante-cinq de bonnes ondes, avec des échanges fructueux entre Zawinul et Shorter portés par une rythmique de folie, du grand art.
La pièce suivante, « Surucucú », prolonge encore cette impression et incite à l’immersion, ici on comprend la dimension véritable de Wayne Shorter, quand il est au meilleur, et que Zawinul se hisse à sa hauteur.
La dernière compo, « Directions » signée par le claviériste, a déjà pris son envol aux côtés de Miles Davis et sera même le titre d’une compilation de quatre-vingt-un « Directions », qui faisait suite à « Water Babies » et « Circle In The Round », et honorait le compositeur Zawinul. Deux versions de ce titre étaient alors proposées, en cette année soixante-huit.
Cette excellence donnera naissance au double Cd de Weather Report, « Live in Tokyo », que j’évoquerai prochainement sur ce fil.