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Album de Nduduzo Makhathini (2017)

Nduduzo Makhathini – IKhambi – (2017)


Nduduzo Makhathini est un musicien Sud-Africain qui a connu son heure de gloire avec « Modes Of Communication : Letters From The Underworlds » lors de son arrivée sur Blue Note en deux mille vingt. Depuis, le succès ne s’est pas démenti avec le somptueux « In The Spirit Of Ntu », puis le dernier arrivé, « Unomkhubulwane » en deux mille vingt-quatre.


De quoi donner l’idée de creuser davantage en allant faire un petit tour dans le passé, comme avec cet album de deux mille dix-sept, « Ikhambi », gorgé de musique au point que l’on se dit que la capacité physique de stockage va exploser ! Mais il semble surdimensionné également par le nombre de participants, certes ils ne jouent pas forcément tous en même temps, possiblement une quatorzaine en moyenne, sans compter la dizaine de vocaliste qui s’ajoute au fil des titres…


Makhathini n’est pas non plus une pousse isolée dans son coin, soudainement arrivée sur Blue Note, non, il est puissamment enraciné dans la tradition jazzistique de son pays, et même culturelle en général, reconnu par tous ses pairs comme un grand, et adoubé par tous. Son arrivée sonne également comme une chance pour Blue Note, qui n’en adopte pas tant que ça, avec une telle carrure !


Il suffit d’écouter déjà la pièce d’ouverture pour s’en convaincre, le magnifique « Amathambo » véritablement éblouissant, tout y est : force et spiritualité car, je le dis à chaque fois que je présente un album de Nduduzo, il conjugue deux qualités essentielles au code du guerrier zoulou, le don pour la guérison et une grande capacité musicale, ce qu’il a hérité de son père, guitariste et chanteur, sa mère, quant à elle, l’a initié au piano et aux chants religieux, à travers les chorales d’église.


Voilà ce que dit Makhatini à propos de cet album, c’est qu’il restitue « la projection d’une énergie de guérison à travers une expérience sonore », réunissant ce qui forge son identité, et on se dit que son pouvoir doit être grand, si les dons du guérisseur sont à l’échelle de celui du musicien !


Tout au long de ces treize pièces qui se succèdent, deux suites sont constituées qui contiennent chacune trois mouvements, la première se nomme « Unthakathi » qui puise, et dans le jazz, et dans les racines, tout se mélangeant comme le firent autrefois le groupe Blue Note, et le « Brotherhood Of Breath, » les premiers à réussir cette fusion incroyable, comme elle figure sur ce troisième mouvement.


La seconde suite est « Impande », toute aussi belle, qui brille de ses percussions, de ses chants, des danses et des chœurs, de ses sections de hanches et de cuivres mélangés, ce qui n’est pas sans ressusciter curieusement l’esprit d’Ellington auquel on pense ici, même si les glissements free des solos s’en échappent pour le meilleur.


Deux passages font une part au « spoken word » ainsi qu’à la danse tribale et aux racines, avec la section des percussions très dense réunissant tablas, tambours et diverses percussions locales, de quoi invoquer la culture du passé, toujours vivante et présente dans le quotidien zoulou.


« Innocent Child » prend la forme d’une ballade jazz avec Eddie Parker qui débute avec un solo de flûte, bientôt sui vi par Makhathini et son piano, tandis que les arrangements luxuriants enrobent le tout fastueusement, comme une ballade des temps anciens sous d’autres latitudes, puis la flûte revient délivrer ses charmes, ceux de l’innocence enfantine…


File l’album qui se termine au son de « Umakhelwane », un rien coltranien qui fait du bien, rien qu’à l’écouter on se sent mieux et la forme revient, la sérénité également, comme quoi je commence à y croire sérieusement à ce maraboutage bienfaisant !

xeres
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le 21 mai 2025

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