Parker - Guy - Lytton – Imaginary Values – (1994)
Un album bien free certifié d’époque avec trois maîtres du genre, Evan Parker aux saxs ténor et soprano, Barry Guy à la contrebasse et à la contrebasse de musique de chambre et Paul Lytton à la batterie, aux cymbales et aux percussions.
L’enregistrement de l’album a été capté lors d’un concert le vingt-deux mars mille neuf cent quatre-vingt-treize au « Red Rose Club » de Londres. Les trois anglais se fréquentent depuis longtemps et sont habitués à jouer ensemble, ils sont arrivés à une telle maîtrise collective que ce qui se déroule ici n’est qu’une concrétisation, parmi d’autres, d’un mécanisme évolutif à trois qui est à son apogée.
La réunion des sons qui se joue ici est véritablement fusionnelle, en ce sens où trois font un, ou plutôt une, si on évoque « la musique » qui se fond en un son commun, riche et homogène.
Pourtant les relations se firent d’abord par deux, puis à trois, mais avec d’autres, et enfin sous cette forme où chacun plût aux autres, un peu comme une évidence, un truc qui allait de soi et qui devait perdurer. Ainsi prit forme le trio.
Les règles sont connues et admises par chacun, chaque instrument se vaut et aucun ne s’impose. L’improvisation est la règle, la nouveauté également, il faut de l’inédit et de l’inouï pour que la musique soit nouvelle, jamais entendue en un émoi collectif.
Il y a comme une perfection qui s’entend ici, dans la réponse action/réaction qui projette une énergie peu conventionnelle, née de cette fusion presque irréelle qui n’est pas exempte de prémonition. Ainsi un flux d’énergie permanent se met en place qui avance en fonction de chacun, avec des inflexions continues qui se séquencent en pièces variables.
Neuf ici, de longueurs confortables pour les six premières, puis plus courtes pour les trois dernières, la fin de chaque pièce semble arriver comme si un consensus se faisait sans qu’il soit possible à l’auditeur de le devancer, ou simplement de le deviner.
Du free grand cru certifié !