In Bologna
8.4
In Bologna

Album de Chet Baker (1992)

Chet Baker – In Bologna – (1992)


Ce concert s’est donné au « Teatro Delle Celebrazioni » le vingt avril mille neuf cent quatre-vingt-cinq, personne ne le sait, mais il est dans la dernière partie de sa vie, trois années lui sont encore accordées. Il ne va pas très bien, il y a des hauts et des bas, certains concerts sont annulés, car il ne peut tout simplement pas jouer. Je me souviens d’un concert qui s’acheva au bout de quelques notes…


Mais il peut tout simplement être éblouissant, un phare dans la nuit, jouant et chantant comme personne. Quand ça va il donne tout, tout ce qui reste, les accus se rechargent aux côtés de son public, s’il sent la communion, le respect dû à l’artiste, l’écoute, la vraie, alors il vous déchire et vous emmène là où vous n’irez plus…


Ces dernières années sont terribles, la dope le tient sévère, et parfois il est entre deux, avec des éclairs et des flamboyances, mais aussi des creux où le physique lâche un peu, c’est un peu ce qu’il semble ici, mais cette fragilité même fait de cet album un témoignage unique.


Il est ici en trio, entouré de deux musiciens belges absolument fantastiques, Jean-Louis Rassinfosse est un bassiste discret mais efficace et solide, quant au guitariste Philip Catherine il est éblouissant et tient la barque comme un prince, apportant plus qu’un soutien à Chet, il resplendit tout du long.


« Conception » passe assez vite, puis Chet nous cueille avec « My Foolish Heart » où il chante comme il sait, ce qui déjà dit beaucoup. Le « Tune Up » de Miles Davis passe assez bien, côté technique c’est pas du top de très haut niveau, mais ça va et les échanges entre les trois se tiennent.


« My Funny Valentine » est un passage obligé pour Chet qui assure tout de même, mais révèle des failles et semble vouloir faire durer, on arrive à dix minutes, mais Chet semble pâlir et fléchir, après le très beau solo de Catherine à la guitare, la voix est incertaine mais va et chante…


« But Not For Me » est scattée, les paroles semblent oubliées, mais Catherine est là, et quand arrive le tour de Chet à la trompette tout rentre dans l’ordre, puis… le trou encore, ça va et vient dans la tête de Chet, la vie errante et dézinguée fait une courte apparition sur scène et ça repart…


La dernière pièce est « Down », encore de Miles Davis, avec les trois qui se donnent et se soutiennent !


L’album a le cœur qui saigne, mais il bat, encore…

xeres
10
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le 13 août 2025

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