Pour rester dans l’année soixante-treize écoutons le Black Artists Group (aka BAG) et son unique album « In Paris, Aries 1973 ». Mon vinyle est une réédition récente qui reproduit fidèlement l’album d’origine, ainsi, ici, pas de face mais un program I et un program II, chacun de ces programs contient deux titres, ça c’est pour la forme.


Pour le reste, des musiciens bien connus : Joseph Bowie (le frère de Lester) au trombone et à la conga, Baikida E.J. Carroll à la trompette, au bugle, à la basse, aux cloches et au tambour de bois, Charles Bobo Shaw à la batterie et aux percussions, Floyd Le Flore à la trompette et Oliver Lake aux saxophones, à la flûte et au marimba. Chaque musicien joue en outre de divers instruments et percussions qui ne sont pas détaillés sur la pochette, vous l’avez compris ça vient de toutes parts dans un registre libre et improvisé.


Un insert signé de Julian Cowley est joint à l’album et éclaire les circonstances de l’enregistrement. Ces musiciens de St Louis migrent vers Chicago où ils se joignent à L’A.A.C.M. La venue à Paris de l’Art Ensemble de Chicago, d’Anthony Braxton, de Leroy Jenkins et Leo Smith qui furent bien accueillis incitèrent de plus en plus de musiciens free, en quête de reconnaissance, à y venir.


Cet enregistrement est un témoignage de cette période. Un aspect dramatique s’ajoute aux circonstances qui l’entourent, en effet Kada Kayan, le bassiste qui devait accompagner la formation est décédé suite à une maladie juste avant le départ vers la France. C’est pourquoi Baikida E.J. Carroll joue de la basse ici, l’album est dédicacé à la mémoire du musicien.


Les amateurs de l’Art Ensemble ne seront pas dépaysés, ceux parmi vous qui sont entrés dans le free avec les enregistrements BYG Actuel retrouveront des caractéristiques communes. On soulignera particulièrement les deux pièces entièrement improvisées, « Echos » qui ouvre l’album et « OLCSJBFLBC bag » qui le ferme, et qui sont particulièrement stimulantes en matière de jeu sur l’espace, l’intensité et la variété infinie des timbres et des sons qui proviennent de partout.


Les deux autres pièces plus structurées de Charles Bobo Shaw et Oliver Lake ne manquent évidemment pas d’intérêt non plus. Un album bien dans son époque.

xeres
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le 1 janv. 2026

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