Albert King With Stevie Ray Vaughan – In Session – (1999)
Je précise que la version que j’ai écoutée consiste en un double Cd de deux mille vingt-quatre, avec pas mal d’ajouts, et constitue l’intégralité du concert enregistré en prise directe, ici dans une version nettoyée et améliorée avec un son époustouflant. Cette affaire se déroula dans les studios de la Télévision CHCH-TV à Hamilton, dans l’Ontario, le six décembre quatre-vingt-trois.
Pour comprendre cette rencontre il faut savoir qu’Albert King est une influence prépondérante et considérable pour Stevie Ray Vaughan, qui imitait son modèle lors de son apprentissage, au point qu’il pouvait restituer des solos du maître à la note près, mais il savait également faire beaucoup d’autres choses, et son jeu est devenu également flamboyant.
Bien qu’il ne connaisse pas Stevie avant cette rencontre, Freddie se laissa convaincre, il avait alors soixante piges au compteur et son jeune partenaire trente seulement, mais le sort voulût que la mort le frappe cinq années plus tard, lors d’un accident d’hélicoptère, au retour d’un concert dans le Wisconsin, en août quatre-vingt-dix.
Ce qui est certain c’est que, cet attachement au blues, ils le partagent avec évidence en commun, et les deux s’entendent particulièrement bien, dialoguant avec entrain et justesse, et développant cette passion commune, évidente et pleine de respect, lors de ce concert.
Les éléments inédits propres à cette nouvelle édition sont considérables, trois pièces conséquentes sont en effet au menu, « Born Under a Bad Sign » pièce fétiche d’Albert King avec Stevie qui lance en premier l’ordre des soli, une version tentaculaire de « Texas Flood » qui file sur vingt minutes, ainsi que vingt-trois minutes supplémentaires de « I’m Gonna Move to the Outskirts of Town », c’est énorme, tant en qualité qu’en quantité !
Les deux premières pièces de l’album font partie de ces ajouts, et lancent l’enregistrement sur une pente véritablement infernale, il n’y a qu’à bien se tenir ! On reconnaît bien le jeu de Freddie à droite et celui de Stevie à gauche, le premier comme sur un fil, acéré et tranchant, l’autre plus rond, souple et fin.
L’apogée de cet album extraordinaire se tient sur la toute dernière pièce, « I’m Gonna Move toThe Outskirts Of Town », une folie pure qui s’étale sur vingt-trois minutes et vingt-deux secondes, mais « Texas Flood » est pas mal dans le genre également ! A noter des dialogues entre les deux, de temps en temps, parfois savoureux par exemple quand ils évoquent Hendrix et Joplin.
Un petit mot concernant la photo de pochette, vous avez bien vu, c’est bien une pipe qui se trouve entre les dents du géant, il avait coutume de jouer de la guitare tout en envoyant des signaux de fumée aux alentours, un fameux sioux ce king !