Indicud
Quand je me suis plongé dans Indicud, j’ai eu l’impression d’écouter un album qui avait un vrai potentiel, une vraie vision… mais qui n’arrivait pas à aller jusqu’au bout de ses promesses. C’est un projet ambitieux, plus brut, plus expérimental que les deux premiers Man on the Moon, mais aussi un album qui, par moments, se perd dans sa propre ampleur.
La première partie, en revanche, m’a vraiment accroché. “Unfuckwittable”, “Just What I Am”, “King Wizard”, “Immortal”, ou encore “Solo Dolo Part II” : tous ces morceaux montrent un Cudi inspiré, capable de mélanger introspection, ego-trip, spiritualité et sonorités planantes. On sent qu’il maîtrise son univers, qu’il sait où il va, et même qu’il tente des choses. L’autoproduction donne parfois un côté artisanal, mais dans ces titres-là, ça fonctionne. Ils sont mémorables, cohérents, et surtout, ils ont cette vibe unique que j’associe à Cudi.
Mais c’est à partir du milieu de l’album que, pour moi, l’ensemble commence à vaciller. L’enchaînement devient moins fluide, comme si les morceaux avaient été posés là sans véritable fil conducteur. Je sens qu’il veut créer quelque chose de vaste, presque panoramique, mais ça manque de direction. Il y a de bonnes idées, des ambiances intéressantes, mais il manque cette étincelle, ce petit supplément d’âme qui ferait décoller l’ensemble comme dans ses albums précédents.
Au final, je sors de l’écoute avec une impression un peu frustrante : l’album contient de très bons morceaux — ceux que je retiens, les plus solides, les plus inspirés — mais ils sont entourés de passages inégaux qui empêchent le projet d’atteindre son plein potentiel. Indicud aurait pu être un grand album ; il reste, pour moi, un album prometteur mais mal géré, avec une première moitié brillante et une deuxième moitié qui se dilue.
Je ne retiens vraiment que les titres du début, ceux qui montrent ce que Cudi sait faire de mieux. Le reste me laisse avec la sensation qu’il y avait quelque chose de bien… mais qui ne s’est jamais complètement réalisé.