Jean-Pierre Como – Infinite II – (2024)
Cet « Infinite » est le second volet d’une réunion déjà opérée en deux mille dix-huit, par ce quartet réuni autour de Jean-Pierre Como, pianiste, ici dans un univers plus jazz qu’au sein de la Formation Sixun où il se dilue davantage dans un collectif.
Ce quartet est formé également par l’excellent saxophoniste ténor, Christophe Panzani que l’on trouve dans plusieurs formations où il excelle, il y a également le contrebassiste Bruno Schorp et le batteur Rémi Vignolo. Sont jouées des compositions souvent issues de la créativité de Jean-Pierre pour cinq titres, mais deux titres sont signés Christophe Panzani, un autre de Bruno Schorp et encore un autre de Rémi Vignolo, ainsi chacun participe au feu d’artifice.
Ce répertoire est souvent composé par des ballades, des airs rêveurs, ou autour de thèmes qu’on aurait pu croire à destination de chansons, les mélodies sont souvent importantes, et pas des prétextes comme on trouve souvent dans le jazz plus traditionnel, où quelques notes bien choisies sont préludes à de longs développements brillants et techniques, propres à émerveiller l’auditeur.
Ces quatre-là évoluent donc autour de structures relativement traditionnelles, l’enjeu n’est pas de révolutionner le jazz, mais de construire des petites vignettes, neuf au total, plutôt charmantes et faciles à saisir, qui s’imprègnent assez vite dans votre cerveau pour y rester le plus longtemps possible, comme ce « Quite Knight » issu de l’imagination du batteur, qui fut également contrebassiste, autrefois, avant que de tomber dans l’amour des futs et des baguettes…
On connaît la légèreté, voire l’élégance de Jean- Pierre Como, dont je vous avais présenté le très réussi « My Little Italy » en deux mille vingt, mais il faut compter également avec la très grande sensibilité du saxophoniste à la sonorité à la fois juste et fragile, d’une grande richesse mélodique qui fait merveille au milieu de ce quartet.
« Dans Mon Cœur » fait partie des belles réussites, ainsi que le titre d’ouverture, « Ivresse », on pourrait également citer le nostalgique « Paris Lauzanne » écrit par le contrebassiste, autant de beaux thèmes qui signent un très bel album qui se joue en quarante-six minutes, juste ce qu’il faut pour tomber en pâmoison, sous un soleil chaud, ou en regardant la pluie battante caresser les vitres d’une fenêtre, ou simplement jouir du temps qui passe, en se mettant en harmonie avec ce grand récital, qui n'a pas son pareil pour ressusciter le passé et ses doux moments…