Sur un premier jet, j'ai mis un 6 à cet album, l'un des plus importants de Stevie Wonder, lui-même l'un des gars les plus fameux de la soul. Avec une réécoute, je me dis que j'ai peut-être été sévère. Voyons voir.
On m'a tant vanté l'apport de Stevie Wonder à la musique, que j'en attendais peut-être plus. J'avoue que les arrangements ne me conviennent pas souvent. Cela me semble un peu aseptisé, pas assez sauvage, notamment par rapport à ce que je préfère dans la musique soul. Oui, le son est indéniablement novateur, mais en écoutant Too High, par exemple, je m'ennuie. Et même dans certaines chansons, le genre crooner sans originalité d'arrangement, comme dans Visions, Golden Lady ou All in love is fair, je crois entendre du Sinatra ou du Streisand. Entendons-nous bien, je ne dénie pas une certaine qualité musicale à ces interprêtes, mais d'un point de vue création musicale, révolution artistique, ça n'est pas présent. Et les paroles, un peu mièvres, n'aident pas à me sentir concerné.
Maintenant, il y a aussi des titres qui émergent :
- Living for the city, la mélodie est accrocheuse, l'histoire des noirs en Amérique d'après-guerre est efficacement dénoncée. Les arrangements ne me convainquent pas toujours
- Higher ground : on touche ici du doigt, me semble-t-il, la quintessence de la Wonder touch quand on parle de funk. Un bon titre
- Don't you worry 'bout a thing : Wonder aime bien faire des incursions dans la musique latino, et ça lui réussit bien
- He's Misstra Know-It-All : pamphlet bien senti contre Nixon, menteur et peu enclin au progrès social, notamment pour certaines communautés, si vous voyez ce que je veux dire
OK, au vu de cette critique, je vais laisser un 6, mais parce que certains titres me laissent vraiment interloqué alors que d'autres m'emportent bien.