Sam Rivers' Rivbea All-star Orchestra – Inspiration – (1999)
Sam Rivers fait partie de ces grands musiciens dont je n’ai pas fait le tour, malgré que j’aie été assez souvent à la pêche à ses albums, il ne me semble qu’aucun ne m’ait jamais déçu, et que beaucoup m’aient énormément enchanté…
On vénère souvent la période des Lofts pendant laquelle sa personnalité est devenue centrale, avec son épouse Béatrice, ils animaient en effet la scène New Yorkaise et lui donnait vie dans les « Studios » Rivbea, une scène vivante en fait, où les musiciens de passage pouvaient jouer.
Ce nom est par ailleurs repris pour signifier la réunion de cette vingtaine de musiciens, rassemblés pour enregistrer cet album, à Brooklyn en mille neuf cent quatre-vingt-dix-huit. Le Sam Rivers' Rivbea All-star Orchestra est tout simplement énorme, …
Outre Sam Rivers, il y a Steve Coleman, Greg Osby, Chico Freeman, Gary Thomas, Hamiet Bluiett aux saxophones, Ray Anderson, Joseph Bowie, Art Baron aux trombones, Ravi Best, James Zoller, Ralph Alessi, Baikida Carroll aux trompettes, Joseph Daley au cor baryton, Bob Stewart au tuba ainsi que le bassiste Doug Mathews et le batteur Anthony Cole.
Inutile de de s’arrêter davantage sur la magnificence du plateau, la brillance de l’écriture des arrangements de Sam Rivers pourrait en revanche surprendre, il est pourtant coutumier du fait et maîtrise parfaitement cet art, même s’il a été peu enregistré.
C’est que Sam appartient malgré tout à la génération ancienne et connaît ses classiques. Ainsi la pièce « Inspiration » est-elle un dérivé du lointain « Tanga » de Dizzy Gillespie, nous révèlent les notes de pochette. Sam maîtrise son sujet et éblouit en mettant chacun en position de confort.
Le titre d’ouverture « Vines » direct et percutant semble surgit des lofts, il penche côté modernité, Sam passant rapidement d’un bord à l’autre tout en maîtrisant le fil. Il n’est d’ailleurs pas le dernier à s’inscrire dans l’ordre des solos, à la flûte et aux saxs ténor et soprano.
Cet album original et brillant est une véritable réussite propre à attiser la curiosité des amateurs. Dommage que les solos ne soient pas crédités sur le livret, ce qui aurait évité erreurs et hésitations…