Black Metal meets Fields of the Nephilim

Transcription de ma critique pour l'épisode 2 du podcast Saturation (d'où le style très oral) : https://www.youtube.com/watch?v=3d5jJ7wvkIA


Moonspell est un groupe que je trouve intéressant à pleins de niveaux, car il est très riche et a fait beaucoup de choses différentes. Vers 96-97 quand cet album sort et qu’ils font leur tournée, tout laisse penser qu’ils pourraient vraiment devenir gros mais le groupe va exploser en vol à cause de dissensions internes. Le bassiste, un des co-fondateurs va se casser et mettre Moonspell à son nom, les autres vont être obligés d’annuler des concerts et ça va être le début d’une grosse bataille juridique qui va durer 7 ans, va coûter très cher au groupe et va les empêcher de tourner autant qu’ils auraient voulu. Ça va un peu casser leur momentum. Et ils changeront ensuite de style sur leur 3e album pour se démarquer de ce qu’ils faisaient avec leur premier bassiste. Ça va donner Sin/Pecado, qui est mon album préféré de Moonspell et qui va bien se vendre sur le moment grâce à la popularité d’Irreligious mais sera assez mal reçu parce qu’ils s’éloignent finalement bien du Metal. Ils passeront ensuite une dizaine d’années à se chercher et leur popularité va se casser la gueule. Mais en 96 ils sont encore en pleine ascension.


Moonspell c’est un groupe portugais qui vient du Black Metal underground à la base, dont ils vont déjà commencer à s’éloigner sur leur premier album (qui est déjà assez culte mais que je trouve pas terrible perso) et ils finiront complètement par s’en détacher sur Irreligious. L’album reste clairement Metal, mais y a une autre influence qui commence à se faire sentir et qui suivra le groupe assez longtemps, et c’est celle du rock gothique. Genre Sister of Mercy, Bauhaus, éventuellement le Cure périod Pornography… et surtout Fields of the Nephilim, mais on y reviendra. L’album est produit par Waldemar Sorychta, un des cofondateurs de Century Media, que vous connaissez peut-être parce qu’il était guitariste dans Grip Inc, le groupe de Dave Lombardo après qu’il ait quitté Slayer. Donc quelqu'un de reconnu en tant que musicien, mais aussi comme producteur, parce qu’à l’époque il s’est déjà occupé de Wilhonney de Tiamat et de Mandilyion de The Gathering, deux autres super albums influencés par le gothique. Mais la prod d’Irreligious sera quand même peu plus crade que sur ces deux autres albums, c’est une des dernières réminiscences de leur passé Black.


Globalement c’est un album qui se veut très cohérent, qui développe une sorte d’ambiance de film d’horreur, une sorte de Faust qu’aurait été filme par Dario Argento. D’ailleurs les 4 premiers titres forment vraiment un bloc, en fait les 5-6 premiers sont construits pour s’enchainer comme les mouvement d’un morceau long, mais je trouve qu’à partir du 4e les transitions commence a être un peu maladroite… Parce que le but c’était de faire comme Fields of the Nephilim sur Elizium, leur album de 90, qui est la principale influence de Moospell sur ce disque. Donc on va avoir des riffs globalement en retrait et on va retrouver le même genre de juxtaposition de guitares cleans et de guitares saturées. On a aussi le même genre de chant théâtral très grave, très affecte, et qui hurle ou growl de manière très ponctuelle. On va aussi avoir une basse tres en avant et des claviers très présents, qui ont un rôle mélodique, pas juste de nappes. Et même à la batterie on aura quelques patterns post-punk et coldwave. Y a aussi quelques interludes qui flirtent avec le trip hop ou l’ambiant… Par contre c’est pas non plus une copie de Fields, c’est nettement plus violent et plus Metal aussi. Par exemple, Opium le deuxième morceau s’ouvre sur une série de pick slides qui se retrouveront ensuite tout au long du morceau, une des meilleures utilisations de slides que je connaisse d’ailleurs, et c’est hyper agressif, beaucoup trop pour Fields. La première partie d’album est très cohérente et homogène, la 2e moins mais quand même de bons morceaux. Y a peut-être juste Raven’s Claw qui dénote un peu avec son chant féminin et son final assez surprenant, parce qu’on se retrouve avec un solo de guitare tres rock et des vocalises féminines à la limite de ce qu’on peut dans le R&B, c’est assez marrant.


C’est un album que j’aime beaucoup, qui arrive à être à la fois tres homogène et varié à la fois, et qui me permet aussi de faire de la pub pour Fields of the Nephilim.


Draly
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il y a 1 jour

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