Alors qu'il n'a que quelques featurings derrière lui, le 1er album de DMX arrive comme un cheveu dans la soupe. On ne sait pas d'où il sort mais on sait qu'il va déranger.
A des années lumières des albums raps consensuels new-yorkais qui se vendaient à l'époque (Puff Daddy en tête), le disque, hardcore à souhait est pourtant un énorme succès commercial.
L'intro, sans doute une des meilleurs intros rap us, annonce direct la couleur. Elle se lance doucement mais dès l'apparition des basses lourdes, c'est uppercut au menton. D'ailleurs Mike Tyson en fera un de ses thèmes d'entrée.
Suit Ruff Ryders' Anthem, son plus grand classique et sa première collaboration avec Swizz Beatz qu'on retrouvera ensuite sur chacun des ses albums.
Si l'ensemble du disque est parfaitement homogène, malheureusement le ton de l'album est un peu trop monotone, sans doute du à la patte de Dame Grease, qui réalise 13 des 19 titres. Tout comme l'opus suivant Flesh of my Flesh, Blood of my Blood portera la patte de Swizz Beatz.
Hormis quelques exceptions (Ruff Ryders' Anthem, Fuckin wit' D, Get at me Dog & How's it going down) les prods sont assez sombres et dures, dégageant une atmosphère glauque avec des sonorités parfois gothique ou religieuse (particulièrement Look Thru my Eyes, X is Coming & For my Dogs).
Ce qu'il manque, c'est des titres un peu plus percutant, plus dansant, un mélange qu'il réussira à merveille sur And then there was X...
Côté lyrics, le Dark Man navigue dans un univers de violence et en général c'est lui qui a le dernier mot. Il nous fait aussi partager plusieurs chansons introspectives comme le très bon "Let me Fly" qui retrace son passé douloureux.
Une petite préférence aussi pour "Damien", une histoire sur un pacte avec le diable en la personne de Damien qui propose au rappeur Gloire & Fortune en échange d'actes de violences et où DMX interprète les deux personnages en modifiant sa voix.