Jean-Luc Ponty – Jazz Long Playing – (1964)
Le violoniste Jean-Luc Ponty est né dans une famille de musicien. Il devient un concertiste de renom avant de se tourner de plus en plus vers le jazz, une musique qu’il affectionne. Il se rapproche en soixante et un de Stéphane Grappelli et le fréquente occasionnellement, en même temps que la vie nocturne parisienne.
A l’âge de vingt-deux ans, en soixante-quatre, après avoir triomphé au festival d’Antibes-Juan-Les-Pins, il sort l’album « Long Jazz Playing » qui est un succès. Il faut dire qu’il est entouré de la crème, Eddy Louiss au piano et à l’orgue, Daniel Humair à la batterie, Gilbert Rovère ou Guy Pedersen à la contrebasse, Michel Portal à la flûte sur deux pièces, « Modo Azul » et « Au Privave ».
Jean-Luc Ponty est un violoniste surdoué qui possède une maîtrise exceptionnelle de son instrument, il joue de façon personnelle, assez loin de la manière de Grappelli, et affirme une personnalité et un style malgré son jeune âge. Il enregistre sur cet album des pièces remarquables.
Beaucoup sont notables comme « Une nuit au violon » de Martial Solal, « Satin Doll » en pizzicati, « YTNOP Blues » radieux, ou le standard « A Night In Tunisia » avec Eddy Louiss, ainsi qu’un hommage à Trane, « I Want To talk About You », avec une sourdine sous le chevalet, nous précise-t-on…
Il faudrait également ajouter la qualité de la participation de l’immense Michel Portal, si ça n’allait pas de soi. L’album est donc parfait, un des meilleurs et des plus originaux de cette année soixante-quatre, plus tard Ponty connaîtra d’autres gloires, notamment avec Frank Zappa et le mouvement du jazz Rock dont il sera une personnalité forte, aux côtés de John McLaughlin.
Mais ce que révèle cet album, c’est que dès soixante-quatre, ce qui fait sa personnalité est déjà là, tant du côté de la virtuosité que de l’entertainment, dommage qu’il ne compose rien de personnel ici, mais ça reste dans l’esprit du jazz qui se veut une musique de l’interprétation dans la création.