Je suis Jeanne Cherhal de loin en loin. J'aime bien sa voix, ses textes, ses mélodies. Et en plus, elle est nantaise. Musicalement, ça me passionne en général un peu moins. La variété, même de luxe, ne me parle pas souvent. Mais ça peut arriver.
Double inspiration
Facile de parler de Benjamin Biolay, puisque cet album a été conçu avec lui. Je suis peut-être complètement à côté de la plaque, mais il m'apparait que les paroles ont plus été influencées que la musique. Et évidemment, le "Faut plus qu'on se revoit", chaud comme la braise, chanté ou incanté en duo, en réponse au "Brandt Rhapsodie" de son album La Superbe. Mais, ce n'est pas la première fois, le style musical ne peut qu'évoquer que Véronique Samson, cette variété de luxe, très cuivrée, un peu funky qui, en réalité, n'a jamais été démodée. Tout ça fonctionne bien.
Chanteuse engagée pour les VSS...
Pour l'engagement, parlons du Cri des Loups (ma fille dirait : les vrais loups sont bien plus gentils que les loups dont on parle ici), sur la volonté d'emprise des hommes sur les femmes (avec une petite citation de notre PR en fin de chanson assez jouissive), de Sous les toits, sur la violence conjugale. Jeanne Cherhal ne plaisante pas avec ça et c'est très bien ainsi.
... et très sexuelle
Comme un pied de nez à ces sycophantes qui accusent les femmes du #metoo de ne pas aimer les hommes parce que ceux-ci ne les aiment pas (elles seraient, parait-il trop moches, ou peine à jouir), Jeanne Cherhal passe quelques morceaux assez sexy, voire sexuels, tels que le fameux Faut plus qu'on se revoit, Jean, Rodrigues, suite et fin, ou Hitach Magic Wand. Ce qui m'amène à la réflexion suivante : quand une femme parle de sexe, ça fait moins beauf que quand c'est un mec. Je ne sais pas si c'est bien ou pas, mais tel est mon ressenti.
L'album passe très agréablement. Il ne laisse sans doute pas forcément une trace indélébile sur moi, mais il me donne envie d'aller voir ce que ça donne en live.