Il fut un temps, entre 2006 et 2010 disons, où Shearwater était une proposition musicale hors du commun, et nous procurait un ravissement intense comme peu de groupes surent jamais le faire. Jonathan Meiburg chantait des histoires d'oiseaux rares et d'archipels perdus avec une voix de haute-contre, et je ne m'en remis jamais complètement. Le retour de Jonathan vers les territoires plus triviaux de la réalité - voire même de la politique US - s’avérèrent une déception, tout autant que sa volonté de faire du rock énergique. La bonne nouvelle de "Jet Plane and Oxbow", matérialisée par ailleurs en live lors d'un beau concert au Point Ephémère, est que la nouvelle formule, si elle n'a rien d'exceptionnel, fonctionne désormais plutôt bien. Quelques gimmicks électroniques surprennent d'abord, mais ajoutent finalement un peu d'étrangeté aux morceaux toujours infiniment lyriques de Meiburg. On sera plus réservé quant aux guitares galopantes, qui peuvent rappeler ci et là l'époque maudite du rock héroïque façon Simple Minds. Heureusement, plane cette fois sur les belles mélodies de "Jet Plane and Oxbow" l'ombre tutélaire du Bowie "berlinois", qu'on s'étonne un peu de retrouver ainsi admiré à Austin, Texas : oui, je le maintiens, c'est une bonne nouvelle ! [Critique écrite en 2016]