Rova – John Coltrane's Ascension (Rova's 1995 Live Recording) - (1996)
En regardant de près la discographie de Dave Douglas voilà que je tombe sur cet album où il n’est qu’invité. J’ai quelques albums du « Rova Saxophone Quartet », sur Black Saint, mais je lui ai préféré, dans une formation de groupe équivalente, le « World Saxophone Quartet » qui fut le premier à bâtir un orchestre composé uniquement de saxophonistes.
Bref, c’est la première fois que je tombe sur un album où l’on rejoue le célèbre « Ascension » de John Coltrane. Ni une, ni deux, je commande de suite, et le voici arrivé ! En regardant bien, ceux de Rova ont suivi leur idée et ont remis ça en deux mille cinq, sous le nom de « Rova::Orkestrova», l’album se nomme « Electric Ascension », de quoi nourrir l’avenir…
« Ascension » ce n’est pas rien, un gig, une jam, une réunion de musiciens, un canevas minimal et une improvisation essentiellement collective, deux versions, par bonheur j’ai écouté les deux « Impulse » qui correspondent. Je me souviens de ces mots qu’avait exprimé Archie Shepp à propos de ces cessions, où il confessait avoir obéi à ce qu’on lui demandait de jouer, sans vraiment entrer dans le projet, ni en comprendre la finalité. Avec sa sagesse je suis bien sûr que le vieux Shepp a depuis mis des mots sur tout ça, après que soit passé le légitime étonnement de la jeunesse.
Le « Rova Quartet » c’est Jon Raskin, Steve Adams, Larry Ochs et Bruce Ackley aux divers saxophones, baryton, ténor, alto et soprano, chacun étant multi instrumentiste. Pour retrouver la configuration originale de l’album « Ascension », il y a quelques invités, Glenn Spearman aux saxophones, Dave Douglas et Raphé Malik aux trompettes, George Cremaschi et Lisle Ellis aux basses, Chris Brown au piano et Donald Robinson à la batterie.
Toutefois, le premier titre signé Coltrane, « Welcome », est interprété par un quartet composé des trois rythmiciens et de Larry Ochs au ténor, je ne compare pas avec la version originale, c’est assez inutile, mais cette version est assez singulière par le jeu au ténor de Larry Ochs qui se refuse à imiter Coltrane en misant sur un son presque timide, très retenu, qui laisse part à une grande sensibilité, donnant au titre une couleur fragile qui lui ouvre une facette encore inconnue.
Concernant « Ascension » le schéma est ici est très fidèle, collant au modèle entre improvisations collectives et solos, on retrouve la même scénographie imaginée par Coltrane, avec les points de repère assez lâches et les très courts thèmes très ouverts. Du coup ce qui surprend c’est en premier le son net et propre, bien meilleur que celui des deux versions originales qui semblent plus monstrueuses, orgiaques et débridées.
Bon je m’étais promis de ne pas comparer, je vous donne tout de même l’ordre des solistes tels qu’ils sont présentés sur le livret, Glenn Spearman au ténor, lumineux, Steve Adams à l’alto, Bruce Ackley au ténor, grandiose, Larry Ochs au ténor, Dave Douglas à la trompette, allez Doug ! et Jon Raskin à l’alto, il y a également un petit solo de batterie.
Vraiment un album à conseiller, une fois que l’on est dedans ça file à la vitesse de l’éclair, c’est puissant et ça envoie avec une sacrée énergie !