Andy Emler MegaOctet – Just A Beginning (2021)
On se souvient peut-être du « No Solo » d’Andy Emler qui avait bien plu par ici, et bien voici maintenant le grand Andy avec son MegaOctet et quelques invités bien calibrés, appartenant à la maison, car ils l’ont fréquentée, on y est bien reçu, chaleur et amitié font partie du programme.
C’est un enregistrement « live » auquel nous sommes conviés, il a été enregistré le 11 novembre 2019 dans le cadre du « D'Jazz Nevers Festival », pour le label « Peewee », qui nous a permis d’écouter la formation « Zarboth », y’a pas longtemps, vous savez, le Cd avec un slibard sur la pochette… « Peewee » a beaucoup d’accointances avec le label « La Buissonne ».
Déjà les invités pour donner l’envie, sachant que chacun d’eux délivre une performance remarquable, sur la première pièce c’est au fantasque Thomas De Pourquery à qui on offre la part du lion, à l’alto. Un solo plutôt long qui se construit par étapes, pour créer l’envie, dans l’attente d’une lente montée, bien poussé par tout le MégaOctet derrière, qui envoie des bourrasques, puis des tempêtes, c’est « E Total », une pièce qui dépasse le quart d’heure et qui envoie.
Le second invité sur « Les ions sauvages » est un autre fantasque, c’est comme ça, on ne sait s’ils ont attrapé ça lors de leur passage au MegaOctet ou si c’est inné, ou encore construit patiemment dans la durée, cette sorte de décalage impertinent, dans un corps plutôt surdoué pour les compétences qui nous intéressent ici. Celui dont on parle c’est le cornettiste Médéric Collignon, peut être que certains se souviennent de son incroyable « A La Recherche Du Roi Frippé », qui a laissé quelques traces.
Dix minutes intenses encore, pas une seconde de répit et voilà qu’arrive le troisième invité, sinon fantasque du moins fantastique, c’est le guitariste Nguyên Lê, avec sa guitare électrique, qui va nous faire rêver. Les sons s’étirent en nappes, un duo s’installe entre le soliste et l’octet, voici « Just a beginning » qui monte en densité pendant dix minutes encore, le temps de partir assez loin, de s’échapper, de se barrer hors de portée, histoire de larguer son enveloppe quelques minutes et de bien respirer un coup !
Et puis il y a l’autre, « Go down swinging », qui revient, Thomas de Pouquery qui chante, autrefois il le faisait avec la grosse voix, mais désormais il va chercher les sons là-haut, du côté des oiseaux, fini de grogner avec les ours, il le fait bien, il faut dire qu’il y a le grand sorcier derrière.
Andy Emler, pianiste et compositeur, organisateur en chef, quelle âme ici, quel souffle, ils sont tous exceptionnels, Laurent Blondiau, Philippe Sellam, Guillaume Oeti, Laurent Dehors, Eric Echampard, Claude Tchamitchian, François Thuillier et François Verly.
Attention, ne partez pas trop vite, au fond à droite il y a une chanson cachée…