Mettez vos gants et vos grosses laines car dès le planant "Kælan Mikla", l'ouverture de ce premier album des trois jeunes dames du froid, on sent tout de suite qu'une nuit sans chaleur et d'un noir total va s'imposer.
Ici, le son d'un clavier synthétiseur souffle une atmosphère givrante. Comme d'un brouillard glacé, une lourde basse manifeste une rythmique volumineuse, accompagnée d'une boîte à rythme cinglante et/ou martelante. Hormis sur le titre d'ouverture, une jeune chanteuse chante ou crie selon ses inflexions vocales.
Si on n'est pas tout de suite à l'aise, étant plus ou moins frileux à l'écoute de cette darkwave ou encore plus ou moins irrité par la voix parfois perçante de Laufey Soffia, le temps fait que l'on se sent petit à petit attiré par cette obscurité (elle appelle dans "Myrkrið Kallar"), là où aucun rayon solaire ne perfore. Elle étend son linceul pour envelopper, faire taper du pied, jusqu'à faire danser et faire souffler une épaisse buée d'entre nos lèvres. Danser ? Oui, c'est évident sur "Líflát" et "Upphaf" par exemple. Et puis il y a "Kalt", morceau devenu culte et toujours acclamé en concert aujourd'hui (et que j'ai fini par aimer).
En huit épais glaçons sombres, les islandaises de Kælan Mikla ont placé en 2016 une première pierre marquante à leur discographie qui s'embellira avec les œuvres suivantes.
Pour un début, c'est en effet convaincant !