L'attente a dû être longue entre 1996 et 2003... Surtout après un Democracy qui n'a rien à se reprocher, mais tout de même bien moins bon que les deux Béhémoths que sont Extremities et Pandemonium. Mais la baffe n'a dû en être que plus forte quand ce nouvel album éponyme est finalement sorti, montrant un groupe une fois de plus revenu à la charge encore plus féroce malgré les années qui passent !
Oubliée la richesse d'instrumentation de Pandemonium, on retourne ici à un son rugueux et grésillant à la Extremities, mais allié à un son metal ultra carré et bourrin. Je dois avouer avoir été un peu déçu au premier contact par ce son plus épuré et moins original, mais il faut reconnaître que le groupe compense ça avec une hargne redoublée. Killing Joke n'avait jamais été aussi directement contestataire, accusateur et tout simplement pissed off.
Les morceaux sont tous assez similaires mais bardés de riffs monstrueux et de rythmes implacables (on retrouve un Dave Grohl excellent à la batterie). Je noterai personnellement un "Total Invasion" qui me colle une belle gifle à chaque écoute et un "Dark Forces" où Jaz s'essaie à d'étranges vocaux murmurés assez flippants. Et au milieu de tout ça, on trouve "You'll Never Get to Me", qui est tout simplement une ballade. La première du groupe depuis "Love Like Blood" ! Et si on atteint pas le niveau de leur titre culte, il s'agit tout de même d'un morceau génial franchement émouvant.