Quand on a su qu'Izia se lançait dans les chansons en français, on a frémi ; l'avantage de l'anglais étant que personne ne se préoccupe des paroles et de leur éventuelle médiocrité. Izia, si elle est une chanteuse impressionnante ne s'est jamais mise en valeur par ses qualités d'écrivaine. Et ça se vérifie ici, tant les textes sont au mieux banals, au pire lourdingues.
Le problème est que les penchants vocal et musical sont également très frustrants. Adoptant une structure plus électro-pop, Izia n'a jamais vraiment trop l'occasion de se lâcher (à part un peu dans La Vague, Bridges et Tomber) et les instrumentales sont certes efficaces, mais la plupart du temps trop classiques.
Plantage total, donc ? Vendue aux sirènes d'Universal comme les mauvaises langues adorent le dire ? Étrangement non. L'album balade son petit charme sur 32 minutes et s'accorde plutôt bien à la venue de l'été : rapide, pas franchement emballant mais pétillant. Comme toujours, le succès se vérifiera en live (c'est toujours là qu'Izia a fait ses preuves), et l'album a le potentiel de devenir très fun sur scène.
En attendant, il est vrai que La Vague s'apparente plus à une légère houle, mais si l'on comprend les rejet des Inrocks, qui l'accusent d'esbroufe, on ne pourra néanmoins pas s'empêcher de rire devant le fait qu'ils osent l'opposer à Christine & The Queens, précisément la mètre-étalon en matière d'arnaque dans le domaine de la pop française. L'hôpital, la charité, la poutre, la paille, et tout le reste.