Excusez-moi pour le jeu de mots du titre (et encore, j'ai cherché un truc encore plus craignos avec les dix saoulent, mais j'ai pas trouvé). Juste pour dire que j'aime cet album, qui a pour défaut essentiel d'être court (28 mn quand on écoute la version originale).
Aretha monte en gamme
Après la percée I never loved a man the way i love you, il m'apparait que Lady Soul est encore mieux. Mieux par sa production, plus propre, plus brillante, plus efficace, mieux arrangée. Mieux par les musiciens et je dirais mieux par ses choristes. La partition choeur est vraiment celle qui emporte le morceau. Signe qu'Aretha tutoie la gloire : des guests come Bobby Womack ou Eric Clapton passent faire un petit coucou.
Aretha creuse la veine des droits civiques (femmes vs hommes inclus)
Et puis, dans ses thèmes, bien sûr, il y a le passage obligé des soul singers de parler d'amour et de relations hommes / femmes (pas encore femmes / femmes, chaque chose en son temps). Mais il y a d'autres thématiques : Ain't no way parle de la force féminine, qui doit dépasser la domination qu'un homme ou les hommes veulent exercer sur une femme ou les femmes.
People get ready, reprise de Curtis Mayfield, est une évocation spirituelle de la lutte pour les droits civiques (se préparer à des jours meilleurs, mais aussi se mettre en marche pour les obtenir).
Là aussi, il y a une montée en gamme, comparé au précédent album.
L'âge d'or de la soul
Alors que nous sommes au coeur de l'âge d'or de la soul, quelque part entre 1965 et 1974 (on n'est pas à une année près, hein), avant que le disco ne prenne le dessus, Lady Soul est un des albums qui reste et qui restera encore. Pour toutes les raisons déjà évoquées, mais évidemment, par son interprête, qui, de mieux en mieux accompagnée, a l'occasion ici de voir sa superbe voix encore plus mise en valeur.
On notera que la soul (pas toujours réputée exemplaire) donnera plus de voix mythiques que le rock'n'roll (et ne me parlez pas des exceptions, ça n'a pas de sens).