John Zorn – Lamentations – (2024)


Il est des moments où la discographie de John Zorn s’emballe d’un coup, les sorties se multiplient, dans tous les genres et venant de toutes-parts, alors la tête s’affole et un tri s’impose, impossible de faire face ou même d’entrevoir une telle possibilité. La sagesse commande de se laisser guider par son propre penchant, de picorer avec mesure, car, si abondance ne nuit pas, le temps fera son affaire…


Celui-ci date du mois d’août, et il réunit trois parmi les plus fameux guitaristes de l’époque, des habitués qui se réunissent pour la septième fois. Les magnifiques Bill Frisell, Julian Lage et Gyan Ryley. Chacun est évidemment un instrumentiste absolument exceptionnel, cela est entendu, mais bien plus que le talent de chacun, c’est la combinaison des trois qui est miraculeuse.


Sur le « obi » accompagnant, « Lamentations » est annoncé comme étant le meilleur volume de cette rencontre à trois, pour autant je ne m’avancerai pas sur ce terrain, les perles ne manquant pas au milieu de tant d’échanges, parfois à deux, et même souvent, mais aussi à trois comme ici…


La rencontre se dessine autour de l’image du poète Gallois Dylan Thomas, romantique et amateur d’alcools forts, qui laissa une marque forte et originale dans la littérature de son siècle. Quatre titres sont prétextes à ce voyage souvent épique et tendre, « With Blinding Sight », « Clown In The Moon », « Do Not Go Gentle Into That Good Night » et « Close Of Day » pour un total de près de quarante-trois minutes d’une musique qui semble couler comme du bon miel, s’échappant par grappe des guitares unifiées, se déversant comme dans un état second, en un endroit à part, hors des contingences habituelles.


La réalité de cette musique, si on s’y plonge, se déploie dans un temps « autre », un monde de l’esprit, d’une sorte de pureté rafraîchissante qui s’alimente sans cesse, parcourt de multiples territoires, passant de l’un à l’autre avec des allers et retours ou peut-être pas : est-ce un long fil que se déploie à l’infini ?


Seule la dernière pièce prend un peu de poids et s’enracine un peu…

xeres
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le 24 mai 2025

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