LAMENTING MALICE
7.7
LAMENTING MALICE

Album de Cynthoni (2025)

Ô rage, Ô désespoir, Ma vie est foutue, Mais je veux continuer de vivre !!!

Cynthoni n'est pas si méconnue, quand on y repense, il s'agit surtout du retour de Sewerslvt, artiste notoire du renouveau de la DnB dans les années 2020, et de ce qui est nommé abusivement "Breakcore" (je dis ça, mais j'ai aussi fais la même, et à être honnête, on s'en fout).


Petit rappel: Jvne / Jvnko présentait déjà une facette intéressante de ca musique, avec son univers et ses références, beaucoup issus d'internet, de Memes issues aussi de diverses époques, sans mentionner ses choix parfois limites pour appuyer des tendances suicidaires (jusqu'aux titres qui mentionnent autant les états psychologiques instables, dysphories, médocs jusqu'au suicide même évoqué de plusieurs façons) . Et pourtant, j'affirme être toujours heureux de bien vivre, malgré les récents épisode que le monde vit depuis quelques années (2020 peut être, tellement j'ai l'impression d'avoir perdu une partie de moi même avec le confinement, et mon entêtement à garder ma tête devant un écran). Grâce à la musique de Jvne, ses musiques m'ont permis de garder un cap, sans lâcher prise, ce que je retrouvais dans nombre de ses albums, jusqu'au dernier, clôture d'une première phase, en 2021 avec l'album "We Had Good Time Together, Don't Forget That". Ce départ était perçu comme une fin définitive, en raison de nombre polémiques autour de Jvne, mais surtout à cause du départ tragique de Angel, sa partenaire.


Ce n'est qu'en 2023 que le come back arrive avec le nouveau projet intiulé sobrement "Sewerslvt presents : Cynthoni" qui renouvelle le lien avec le passé, en se plaçant cette fois dans un penchant plus optimiste, ce qui se renouvellera avec son remake de Draining Love Story. Sans trop mentionner le reste, les EPs et singles réalisés avec Projekt Melody, disons que la direction demeurais encore incertaine, pas assez affirmé, malgré l'effort apporté dans DLS qui cherche bien à de dénouer définitivement du passé en présentant une version plus édulcoré de l'artiste. Mais la critique n'est pas tellement ici pour parler de tout ça, mais bien de son dernier gros projet, qui a déjà presque 1 an (publication originale de novembre 2025, et... je ne peux pas dire ne pas aimer... et je peux pas dire ne pas reconnaître la patte de Sewerslvt, bien au contraire.


Donnons le topo: Lamenting Malice se présent ici comme un double album qui mêle deux aspects : le monde qui part en couille, et nos vies individuelles, qui partent en couille aussi.

entre l'IA, la surveillance de masse, sérialisation du contenu sans intérêt et la perte d'espoir en rien de ce que le monde puisse offrir comme avenir, Cynthoni choisi une touche bien frappante, voir bourrin dans la direction de ses morceaux. On retrouve toujours de la drum n bass oui, et de plusieurs natures, au point de ressentir des inspiration à Pendulum (vive l'Australie) mais pas que, loin de là, c'est aussi du hardcore pour le coup, de la grind core même (pour le seul morceau qui n'est pas mentionné SYBAU, finalement joint au reste du projet), de l'ambiant et de la house. Le ton n'est plus dans les caresses, les basses sont saturés, le tempo est plus rapide, et l'ambiance ne se prête pas à la fête, mais à la danse. outre les genres musicaux, l'artiste ici encore joue sur les compréhension entre titre et musiques, complétés par les diverses références picturales et sonores.


Bien que ce n'est pas dans la nature de Cynth de proposer des contenues aussi intense, la direction n'est pas si détachée des anciennes prods de sewerslvt, surtout de ce qui s'est fait après DLS, World is Fvcked en est un bon point de comparaison sur ce niveau, comme pour les suivants d'ailleurs. On retrouve déjà un bon panel de sons familiers, mais il reste à seulement comme je dis ici le choix du bourrinage (et la direction pour chaque chanson)ici est personnellement perçus comme des sentiments tels que désespoir, tristesse, colère et surtout comme des introspections, reflétant autant d'artiste que l'auditeur qui s'y identifie. la différence est que sewerslvt finalement évoque surtout le soi, là où Cynthoni s'en détache plus pour amener une réflexion plus orienté sur les choix personnels, les décisions privés et gouvernementaux : Est ce que nous allons mal, ou bien le monde qui chavire ? D'ailleurs, je ne mentionne pas le travaille d'illustration qui propose ici un véritable collage, sachant qu'il s'agit là aussi d'un meme revisité d'un chien endoctriné (Jotchua ici,qui fait allusion à l'utilisation intensive des réseaux sociaux, et du brainrot) , renplacé par la figure de Lain (un avatar récurant quand on connaît un peu l'artiste) largement encombré de références diverses sur les maux actuels de notre monde (principalement américaines, avec l'horloge de la fin du monde, Palantir, BlackRock, ChatGPT, ICE ; mais on retrouve aussi d'autre référence aux reseaux internet comme TikTok, Labubu, . L'originalité enfin est aussi le choix de boucler l'album par une épanadiplose, autrement dit de raccorder la fin de la dernière chanson avec le début du premier morceaux pour créer une boucle infini. Le choix rappelle énormément The Wall de Pink Floyd qui présente ce même aspect d'une fin incertaine, qui mène plus probablement sur un retour à la case départ qu'un autre chemin, sans mentionner les même penchants pour l'inquiétude de l'arrivée d'une dystopie mélangée à l'isolement individuelle qui mène à l' endoctrinement.


Et à réecouter, le message de cet album n'est pas de croire que notre vie est foutue (enfin si, beaucoup donne à dire que le futur se présente plus pessimiste ) , mais plutôt de garder la tête haute, et de confronter la société moderne à ses dérives, quitte à repenser nos modes de vies actuelles, comme le temps à passer sur les réseaux à scroller, que la dépendance aux technologies nouvelles qui sont à remettre en cause. Doit on toujours écouter tout ce qui passe, et même, pour nous, somme nous capable de suivre ce que ce monde devient au final, avec les guerres, conflits d'intérêts ? bien sûr on retrouve encore bon nombre de références ici (étalés entre le film the network ; les jeux vidéos avec system shock, halo ; les contenus youtube et Tiktok, sans mentionner les interventions de figures comme le patron de open IA ou de BlackRock).


Lamenting Malice laisse un gout amer, mais optimiste dans le fond, il reste un projet singulier qui n'hésite pas à fracasser les tympans, et à réchauffer les coeurs, il bouscule nos conforts et n'hesite pas à faire mal.

maintenant, combien de temps, combien de fois je l'écouterai avant de perdre le goût, aucune idée,

PaulCaussanel
8
Écrit par

Créée

le 28 juil. 2026

Paul Caussanel

Écrit par

Du même critique

Shaft (OST)

Shaft (OST)

10

PaulCaussanel

16 critiques

Un Film sans Image

Avant de parler de mon avis, il faut que dise comment je suis tombé sur ce fameux double disque: Imaginez, vous êtes dans la rue, sur le chemin retour en allant chez vous. Sur le trottoir traîne...

le 1 mai 2020

WLFGRL

WLFGRL

8

PaulCaussanel

16 critiques

De la violence, Du brutal

Parmis les genres qui parviennent à fleurir Internet, et principalement par Youtube, En voici un qui est un peu discret mais qui quand même prends un peu d'ampleur, le Breakcore. C'est pas vraiment...

le 21 juin 2021

Astra

Astra

7

PaulCaussanel

16 critiques

Le kitsch des années 80 en un seul album

Attention, gros nanar des années 80 ! On assiste à la continuité d'un groupe qui avais, par delà trois ans dans le passé accompli un succès avec un album éponyme, pour que finalement, de galette en...

le 4 janv. 2021