J'ai toujours du mal à faire une review d'une sortie rap française qui se situe avant 1994, car le son, les instrus et les paroles sont globalement naïves et de niveau sinon mauvais, du moins très moyen. Et justement, j'ai ce problème avec Assassin depuis toujours.
Bien qu'ils furent les précurseurs dans le "contest/political lyrics" à la manière de Public Enemy, je n'arrive pas du tout à accrocher avec eux. Et cet EP en est l'exemple criant. Daté de mars 1993, il a du avoir un certain impact à sa sortie (étant donné qu'en France à cette époque, le rap n'a quasiment pas connu de bonnes productions, hormis 3 ou 4). C'est pour cette raison citée plus haut que j'essaye de prendre un recul objectif avec cet EP sorti il y a plus de 30 ans. Aujourd'hui 2024, je trouve ça particulièrement nul, mais en resituant les choses dans leur contexte, je comprends leurs problématiques. J'étais minot en 1993, mais je me souviens que la France de Mitterrand, c'était pas folichon. Les paroles sont impliquées voire très percutantes (cf. "A qui l'Histoire ? (Le système scolaire)" et "L'éducation à travers les médias"), mais à l'instar de Écrire contre l'oubli (EP), paru en 1996 ou encore Touche d'espoir en 2000, je n'arrive décidément pas à trouver Assassin intéressant. Ils alternent le bon, le moyen et le mauvais, et c'est une constante chez eux cette "bancalité" de qualité. Après ce qui n'aide pas non plus, c'est la voix de Rockin' Squat que je trouve à la longue agaçante.
En résumé, je comprends parfaitement que ce groupe a été le fer de lance du rap contestataire en France, et de toute une génération. Mais quand j'ai découvert NTM, je me suis dit qu'Assassin était loin, bien loin du duo vitriolesque du 9-3.
C'est définitif, je n'aime pas Assassin. De façon subjective ET objective.