Yom – Le Silence De L'Exode – (2014)
En deux mille quatorze, Yom possède déjà cette forte personnalité qui lui permet d’aborder les grands projets, comme cet album, « Le silence de l’exode », une longue pièce de plus de cinquante-sept minutes, partagée en quatorze parties et composée en totalité par le clarinettiste.
Il est secondé par Bijan Chemirani, le célèbre percussionniste iranien, qui joue du Bendir, du Daf et du Zarb, Farid D est au violoncelle et l’excellent Claude Tchamitchian à la contrebasse. Ce quartet est complètement tourné vers l’orient et ses musiques charmeuses, pleines d’ivresses et d’envoûtements, de contes et de rêves…
Mais pourtant ici, une histoire est racontée, celle de l’errance du peuple juif, qui sortit d’Egypte et chemina plus de quarante années dans le désert du Sinaï. Cette œuvre est à l’origine une commande du « Festival Ile-de-France » et, lors des représentations, Yom fit en sorte que plutôt que les rituéliques applaudissement qui marquent la fin d’une représentation, le silence des spectateurs soit la continuation de l’œuvre et fasse écho à la musique qui s’est tue…
Cette œuvre possède quelque chose de tragique et de beau, comme une grandeur naturelle qui épouse le projet, lui donne corps, mais fait écho aussi en chacun, porteur de son propre exil, de sa propre recherche, ainsi que de sa destinée via son chemin personnel…
La musique ici est souvent hypnotique, elle avance en cherchant sa route et vous emmène au milieu de cette caravane errante, mais elle n’est pas sans but, ni sans espoir, bien au contraire, pleine de la foi qui soutient et des mystères de la mystique, des secrets cachés qui nécessitent une initiation…
La croisée des musiques, juives et moyen-orientales narre cette histoire, partant de « Ramses », passe par « Rouge », puis « Errance », via « L'Eau Jaillie Du Rocher », ainsi jusqu’à « Moïse » qui termine l’album et la pérégrination, parcourue par quatorze étapes en un seul souffle magnifique qui transporte sans faillir, jusqu’au bout, vers la finalité…
Un album magnifique et initiatique, porteur d’espoir et de vitalité, tout au long de ce long cheminement dans le désert…