Diego Imbert Quartet – Le Temps Suspendu - (2023)
Diego Imbert est contrebassiste et compositeur, les notes de pochette nous indiquent que l’album célèbre le centenaire de la disparition de Marcel Proust, ce qui, soudainement, éclaire le titre de l’album et aussi celui de quelques compositions, « Combray », « La recherche », « La Madeleine » ou « Les Paperolles » …
Je ne sais trop s’il y a du Proustien dans la musique, mais les phrases ne sont pas exagérément longues et tout se passe bien… sans piano. David El-Malek, dont je vous avais parlé pour sa sortie de cette année, le très beau « Travelling », joue du saxophone ténor, il se montre très expressif et moins réservé que sur son propre album, qui se voulait intimiste.
Il y a également un nouvel arrivant dans le quatuor, Quentin Ghomari qui joue de la trompette et du bugle, il est extrêmement inspiré et ses dialogues avec David sont toujours exquis et passionnants. Franck Agulhon joue de la batterie, le quatuor est donc extrêmement solide, aguerri et brillant.
Les notes de pochettes, bien qu’assez courtes, sont extrêmement intéressantes et s’arrêtent sur cette absence d’instrument harmonique, évoquant la haute paternité de l’association Gerry Mulligan et Chet Baker, ce qui est très bien vu et d’une grande pertinence. La conséquence la plus importante est d’obliger les acteurs-musiciens à « élargir leur rôle à la recherche des accords perdus », la formule est à la fois juste et belle, très proustienne, presque…
L’axe complémentaire de l’harmonie dans toute bonne musique est la mélodie, et Diego Imbert s’y est appliqué avec ferveur et tout s’imbrique parfaitement entre ces quatre magiciens qui fixent et gravent sur Cd un temps qui est bien loin d’être perdu, et qui ne demande qu’à être partagé.
Un album qui me suit…