Sophie Alour – Le Temps Virtuose – (2023)
Il y a du beau monde dans le nouveau quartet de Sophie Alour, des musiciens français de renom qui sont tous de premier plan et des références dans l’usage de leurs instruments. Guillaume Latil est au violoncelle, Anne Pacéo à la batterie, aux percussions et aux chœurs, Pierre Perchaud aux guitares est choriste également, Sophie, elle, joue du sax ténor et de la flûte.
Je m’arrête de suite sur les particularités des formats, car l’album vinyle dispose d’un titre en moins, « Vent debout » n’existe en effet que sur la version Cd, en huitième position, cette particularité est difficile à déceler, car elle n’est pas signalée sur les sites de vente, la plupart du temps…
Après deux excellents albums, « Joy » et « Unjoy » la suite était attendue, le temps pour Sophie d’écrire onze compos et de réunir ce nouveau quartet aux fières allures. La réception de l’album est plutôt saluée par la critique française, ce qui est bien mérité car l’album est plutôt chouette, bien que ne s’inscrivant pas forcément dans la suite artistique des deux précédents, la formation étant sérieusement remaniée.
Il est plus recentré vers un certain jazz français un peu abstrait, évanescent, enfin pour quelques titres situés principalement en enfilade en milieu d’album, comme « Musique pour Dames », « Roulotte » ou « Haunted ». Le terrien ou peut-être marin « Vent Debout » met un coup de frein aux introspections en jouant sur les codes du folklore, ce qui nous vaut un très beau titre qui donne envie de guincher en faisant la ronde, dommage pour ceux qui ont opté pour le vinyle…
« Ici et maintenant » qui fut autrefois le nom d’une radio libre qui avait ses adeptes, je l'écoutais alors, est également splendide, la flûte encore qui, tout simplement, réjouit et maintient les sensations du terroir le temps d’une pièce. Retour vers les préoccupations en titre, « Le temps Virtuose » nous promet Sophie, comme sur le titre « Petite Anatomie d’un Présent qui Passe » qui rejoint la préoccupation majeure et le thème de l’album…
La courte et dernière pièce « Le Temps Cannibale » conclue l’affaire sur une note sobre mais grave, avec le violoncelle de Guillaume Latil qui donne le « la ». Mais revenons au premier titre de l’album, plutôt bien placé en termes d’efficacité, « Des Lendemains qui Chantent » est très réussi et ouvre l’appétit, tout comme le suivant, « Musique pour Messieurs » qui pourrait être un sommet ici, si je ne m’abuse, comme disait le bon docteur…