Juice Wrld était quelqu'un qui luttait contre la dépendance, l'anxiété, la dépression.
L'entendre à nouveau, quelques mois après sa mort, chanter ses chansons sur la toxicomanie et la maladie mentale avec des performances vocales râpeuses qui semblaient alourdies par les exigences de sa vie, y compris la gloire et la fortune, a quelque chose de profondément poignant.
Cette sortie posthume, "Legends Never Die", destinée à rassembler tout ce sur quoi Juice travaillait avant sa mort, est à la fois une célébration et un document permanent de l'esprit complexe qu'il était vraiment.
Jarad Anthony Higgins avait un véritable charisme et un talent lyrique indéniable. J'ai mis du temps à m'en rendre compte. Déjà, Juice était honnête à propos de ses dépendances et en tant que Juice WRLD, il ne cachait jamais ses problèmes psychologiques. Il donnait l'impression de tout ressentir plus fort. Sa vulnérabilité par rapport à la réalité brutale de la vie s'est toujours fait ressentir dans ses chansons et "Legends Never Die" le prouve une nouvelle fois.
Un album qui vient du "Soundcloud Rap" : un sous-genre musical des médias sociaux, mélangeant Emo, Rap, Rock, Pop et même Punk parfois avec beaucoup d'effet. Ses influences sont très apparentes. Jarad était un rappeur qui n'a pas seulement écouté du rap.
"À genoux / Je prie pour un meilleur jour" dit il dans "Fighting Demons". C'est prenant. Et ça l'est dans une grande partie de l'album. Des titres comme "Bad Energy", "Righteous", "Life's a Mess", "I Want It", "Up Up and Away", "Wishing Well" et "Can't Die" plonge l'auditeur dans une véritable atmosphère mélancolique.
"Parfois, j'ai l'impression que je ne peux pas mourir, parce que je n'ai jamais été en vie." Juice pouvait être dévastateur dans ses pensées.
"Cinq ou six pilules dans ma main droite/ la codéine coule sur ma table de nuit/ Prendre des médicaments pour réparer tous les dégâts / Mon anxiété de la taille d'une planète"
Chante-t-il sur "Righteous".
Certains titres étaient peut-être dispensables pour un album plus concis mais force est de constater que le mixage et les arrangements sont remarquables souvent ici.
Puis j'aimerais parler de la dernière piste car elle m'a tordu le bide et je ne m'y attendais pas...
Le dernier morceau est un extrait d'un live Instagram de 30 secondes intitulé "Juice WRLD Speaks From Heaven". L'entendre justement dire "I'm on Instagram Live from Heaven", c'est dévastateur et surréaliste, comme être visité par un fantôme. "Je l'ai fait pour vous tous, je suis ici, je suis fou", continue Juice. «Haha, je vous aime tous à mort. Comment puis-je demander de meilleurs fans ou supporters? Bien sûr, je vous aime tous à mort, 999, pour toujours." Il chante ensuite l'une de ses paroles les plus mémorables: "La fête ne se termine jamais!"
L'effet est tout de même obsédant. C'est, en fait, le plus forts des nombreux moments de ce genre sur "Legends Never Die", un album rempli de troubles et de mort rampante. Un album dans lequel il semble résigné à cela. Parfois, il semble résolu à le surmonter. Parfois, il encourage même ses auditeurs à dire que quoi qu'ils vivent, ils peuvent passer de l'autre côté. Rien de tout cela n'est nouveau pour Juice WRLD; pratiquement tout ce qu'il a publié au cours de ses deux années de gloire était centré sur les mêmes idées. Maintenant qu'il est parti, cependant, les références constantes à sa mortalité s'ajoutent à une expérience profondément troublante.
Un album qui frappe fort et qui rend justice à l'essence même d'un artiste décédé alors qu'il commençait à peine à fasciner parce que les chansons qu'il nous laisse aujourd'hui sont, au final des moments poignants, enterrés dans la franchise et l'honnêteté.
Long Live Jarad Anthony Higgins
7,5/10