Les cinq saisons
7.8
Les cinq saisons

Album de Harmonium (1975)

Nous vivions dans une ancienne ferme rénovée, le Fély, isolée au milieu du marais vendéen de Beauvoir-sur-Mer, entre terre et mer, entre ciel et terre, car le ciel emplissait tout l'espace et le vent le reste

J’avais emprunté les camarguaises de mon père, quadragénaire élégant, au goût sûr pour les belles choses. Mes camarades du collège prenaient souvent mes bottes pour des santiags. J’étais obligé de leur montrer : non, regardez, les miennes ont un bout rond. Et ce sont les bottes des cow-boys de Camargue, elles sont très classes.

J’ai un souvenir confus, embrumé par les années, mais j’imagine ma mère, au plus près du feu, la flûte de Si on avait besoin d’une cinquième saison habitant le salon.

L’ambiance était paisible, après l’école et le travail. Emmitouflé dans la musique d’Harmonium nous nous réchauffions l'âme et le corps aussi sûrement que la bûche dans l’âtre.

J’avais vraiment envie de raconter un souvenir avec ma mère, qui fête son anniversaire cette semaine et Les cinq saisons était comme une évidence.

Avec une gourmandise nostalgique, j’ai donc réécouté ce disque aujourd’hui.

Immédiatement, le souvenir d’une odeur de bois brûlé, de cendre tiède, m’a ramené dans le salon du Fély. L’intégralité des paroles s'échappait de mes lèvres au rythme des morceaux.

Et puis, après cette montée fulgurante de nostalgie, l’ennui s’est installé. J’ai trop écouté cet album, mais la musique m’a repris, comme sous l’effet d’un sort. Les harmonies, les voix, la flûte traversière : je me suis senti, une fois encore, transporté. C’est vraiment un album magnifique, un album très abouti.

Je récapitule. Il y a d’abord eu cette montée étourdissante de nostalgie, puis l’ennui, la sensation de déjà vu et, à nouveau, le transport vers des horizons lointains, porté par les magnifiques compositions de Serge Fiori.


J’ai écouté puis réécouté l'album et à l’heure où j’écris la flûte habite le salon.

J’aime profondément Les cinq saisons. C’est un disque magnifique.

Merci, maman, de me l’avoir fait connaître, et surtout d’avoir partagé ce moment avec moi.

Et pendant que la musique me ramenait là-bas, je me suis souvenu du reste.

Câlice, je portais des camarguaises.


Gwangelinhael
8
Écrit par

Cet utilisateur l'a également ajouté à ses listes Du (bon) son entre les oreilles 2026 et Les meilleurs albums de 1975

Créée

le 29 janv. 2026

Modifiée

le 29 janv. 2026

Critique lue 14 fois

Gwangelinhael

Écrit par

Critique lue 14 fois

1

D'autres avis sur Les cinq saisons

Les cinq saisons

Les cinq saisons

9

Kantien_Mackenzie

145 critiques

Sublime verdure

A la croisée entre le folk et la musique classique, cet album du groupe québécois Harmonium s’inscrit dans le vaste univers du rock progressif. Le morceau conclusif "Histoire sans Paroles" est sans...

le 11 mai 2014

Les cinq saisons

Les cinq saisons

10

Leafth

206 critiques

Critique de Les cinq saisons par Leafth

Seul album d'Harmonium que j'arrive à écouter. (A chaque fois que j'essaye un des autres, mon attention revient sur celui-là, il a une aura envoûtante) , C'est probablement leur meilleur. Très doux,...

le 29 juin 2013

Les cinq saisons

Les cinq saisons

7

Lawliet

152 critiques

Critique de Les cinq saisons par Lawliet

Bel album de rock progressif qui tend vers la progressive folk. Accessible, mais d'une grande profondeur (la complexité de la composition sur "Histoire sans paroles" est remarquable). Tantôt joyeux...

le 20 mars 2015

Du même critique

Orelsan et Gringe sont les Casseurs Flowters

Orelsan et Gringe sont les Casseurs Flowters

8

Gwangelinhael

596 critiques

Winter le Dauphin queue mécanique Sex machine

Orelsan, le rappeur le plus détesté de l’univers. Celui qui a détrôné Joey Starr depuis que ce dernier fait du cinéma. Orelsan, sale p*te, a marqué les esprits des chiennes de gardes et de Ségolène...

le 21 févr. 2014

Nino and Radiah

Nino and Radiah

9

Gwangelinhael

596 critiques

Adieu Gaston, cornichons et téléfon

Il en avait marre de passer pour un rigolo, c'était un musicien avec de nombreuses fêlures et fan de soul de swing de funk et de pop. On ne voyait de lui que le clown de Mirza (satané Mirza) du...

le 16 sept. 2015

Dans ma bulle

Dans ma bulle

8

Gwangelinhael

596 critiques

Moi, j'emmerde, j'emmerde, j'emmerde, j'emmerde...

Moi je mets 8 car je pense que c'est ce que vaut cet album et je ne comprends pas qu'il soit si sous-estimé sur SC. Cet album est honnête. Le flow de Diam's est bon, les textes sont bien écrits et...

le 2 avr. 2015