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le 11 mai 2014
SuivreSublime verdure
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Nous vivions dans une ancienne ferme rénovée, le Fély, isolée au milieu du marais vendéen de Beauvoir-sur-Mer, entre terre et mer, entre ciel et terre, car le ciel emplissait tout l'espace et le vent le reste
J’avais emprunté les camarguaises de mon père, quadragénaire élégant, au goût sûr pour les belles choses. Mes camarades du collège prenaient souvent mes bottes pour des santiags. J’étais obligé de leur montrer : non, regardez, les miennes ont un bout rond. Et ce sont les bottes des cow-boys de Camargue, elles sont très classes.
J’ai un souvenir confus, embrumé par les années, mais j’imagine ma mère, au plus près du feu, la flûte de Si on avait besoin d’une cinquième saison habitant le salon.
L’ambiance était paisible, après l’école et le travail. Emmitouflé dans la musique d’Harmonium nous nous réchauffions l'âme et le corps aussi sûrement que la bûche dans l’âtre.
J’avais vraiment envie de raconter un souvenir avec ma mère, qui fête son anniversaire cette semaine et Les cinq saisons était comme une évidence.
Avec une gourmandise nostalgique, j’ai donc réécouté ce disque aujourd’hui.
Immédiatement, le souvenir d’une odeur de bois brûlé, de cendre tiède, m’a ramené dans le salon du Fély. L’intégralité des paroles s'échappait de mes lèvres au rythme des morceaux.
Et puis, après cette montée fulgurante de nostalgie, l’ennui s’est installé. J’ai trop écouté cet album, mais la musique m’a repris, comme sous l’effet d’un sort. Les harmonies, les voix, la flûte traversière : je me suis senti, une fois encore, transporté. C’est vraiment un album magnifique, un album très abouti.
Je récapitule. Il y a d’abord eu cette montée étourdissante de nostalgie, puis l’ennui, la sensation de déjà vu et, à nouveau, le transport vers des horizons lointains, porté par les magnifiques compositions de Serge Fiori.
J’ai écouté puis réécouté l'album et à l’heure où j’écris la flûte habite le salon.
J’aime profondément Les cinq saisons. C’est un disque magnifique.
Merci, maman, de me l’avoir fait connaître, et surtout d’avoir partagé ce moment avec moi.
Et pendant que la musique me ramenait là-bas, je me suis souvenu du reste.
Câlice, je portais des camarguaises.
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Créée
le 29 janv. 2026
Modifiée
le 29 janv. 2026
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le 11 mai 2014
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