Emile Parisien, Roberto Negro – Les Métanuits (2023)
Emile Parisien est un musicien que je suis d’assez près, ce dernier album est donc arrivé entre mes oreilles il y a quelques temps. C’est un duo entre lui, son saxo soprano et le pianiste Roberto Negro. Il y a un prétexte, ou plutôt un thème qui les réunit. Il s’agit du concerto pour quartet à cordes N°1 de György Ligeti, « Métamorphoses nocturnes ».
Je parlais de prétexte car en fait il y a énormément d’improvisations également, ce qui laisse la place au jazz et à la créativité, tout en s’appuyant sur un roc solide que l’on peut sculpter à son gré.
Finalement c’est assez malin, il se trouve que ces deux-là sont tout de même des musiciens exceptionnels et désormais chevronnés, ils ont l’expérience et l’aplomb pour tourner l’exercice à leur avantage, un peu casse-gueule au départ, il s’agit tout de même d’une compo prévue pour des cordes !
J’ai écouté Ligeti autrefois, mais pas cette œuvre qui s’inspire de Béla Bartók, dont les quatuors à cordes sont tout à fait extraordinaires. A priori ça donne déjà l’envie d’écouter l’œuvre de Ligeti, ce qui est motivant. On reconnaît la tournure classique, facilement chez Roberto Negro qui à l’air de s’y connaître, le touché, le doigté et même le rythme proviennent bien souvent de l’œuvre observée, Emile, lui improvise à sa manière, entre les thèmes qu’il restitue, il parvient à faire entrer de l’émotion dans son jeu, c’est donc gagné.
Il faut dire que les deux sont des admirateurs du musicien Austro-Hongrois qui aurait eu cent ans cette année, c’est en conversant que cette passion commune s’est révélée, et qui plus est, tous deux ont la même œuvre préférée, ces fameuses métamorphoses nocturnes qu’ils transforment en « Métanuits ».
Onze parties forment cette nouvelle lecture, notons les superbes « Prestissimo » et « Alla marcia, pesante » qui se signalent avec tempérament, mais aussi d’autres plages plus calmes, plus propices à l’endormissement.