Jowee Omicil – Let's Bash ! – (2017)
Suite à la bonne surprise de son album de deux mille vingt-trois, je me suis replongé dans ce que je connais de la courte discographie du multi-instrumentiste sous son nom. Je disposais de « Love Matters » que je trouvais un peu inégal, alors je me suis procuré ce « Let’s Bash » paru un an auparavant, mais dont les titres sont issus des mêmes sessions d’enregistrement.
Une première sélection peut être meilleure, ce qui pourrait être conforme à une certaine logique… Il faut dire que les pièces ont été enregistrées aux Studios La Buissonne de Pernes-Les-Fontaines, gage d’excellence et de qualité pour la partie son, tout ça s’est déroulé entre janvier et mars deux mille seize, lors d’une série de plusieurs rendez-vous, laissant aux musiciens une grande liberté pour enregistrer une quantité assez importante de titres.
Douze pièces se succèdent sur cet album effectivement enthousiasmant, bien qu’il ne ressemble en rien à l’esprit de “Spiritual Healing : bwa Kayman freedom suite” Ceremony, qui lui est un album à thème, ici nous avons droit à une série de titres qui se succèdent, parfois sans véritable unité stylistique, il y a, par exemple, des chansons, « Morais Spirit », « Something Clear » ou « Mellow On The Saxo » et beaucoup d’instrumentaux.
Il y a pas mal de musiciens, dans le Vaucluse, pour entourer Jowee, il joue du sax soprano ou alto, de la clarinette, de la trompette, de la flûte, du piano électrique et chante même, mais il ne fait tout de même pas tout… Ainsi sont également présents Michel Alibo ou Justwody Cereyo à la basse, Conti Bilong ou Jeffrey Deen à la batterie et aux percus, Jean-Philippe Dary ou Johatan Jurion aux claviers, Nenad Gajin à la guitare, et d’autres encore que je ne cite pas, car il y a eu pas mal de rendez-vous programmés lors de ces sessions.
Les parents de Jowee étant d’origine Haïtienne il a baigné tout naturellement dans cette culture caribéenne, et la musique qu’il joue est empreinte de ces influences, nombre de titre laisse à entrevoir ces couleurs chaudes et typiques, il aime d’ailleurs jouer en forme de cercle avec les musiciens qui l’accompagnent, pour susciter plus de vie et de chaleur.
Chaque titre est également suivi d’une dédicace, « Sur le Pont d’Avignon » est ainsi « dedicated to France » car le canadien est installé en France depuis pas mal d’années, il a joué ou côtoyé avec Ornette Coleman, Roy Hargrove et son RH Factor, Tony Allen avec lequel je l’ai découvert lors d’une retransmission de concert où il était remarquable, soulevant la foule…
En fait sa vie est un voyage fait de rencontres, toujours en suivant le fil des dédicaces on reconnaît par exemple Tinariwen, Charlie Chaplin, Luis Morais, Sade, Martinique, Haïti, Miles Davis évidemment, il lui dédie son titre le plus long « One Note For Miles » qui dépasse les onze minutes …
Nul doute que l’album est beau, diversifié et mérite une écoute très attentive…