Madeleine Peyroux – Let's Walk – (2024)
Je n’ai pas l’intégrale Madeleine Peyroux, mais je ne suis pas loin, c’est dire si je n’ai pas hésité à franchir le pas quand cet album est paru, après une période muette d’environ six années. J’ai senti peut-être comme une perte dans les moyens, où est-ce la manifestation de mon caractère aigri et taciturne, prompte à tourner le dos à ce qu’il a tant aimé ?
Pourtant les compos sont plutôt belles et réussies, et, pour ceux qui comprennent les textes, donc pas moi, il semblerait qu’ils soient particulièrement ciselés et impertinents avec une touche de perfidie qui va bien. De quoi mettre les pendules bien à l’heure quand se règlent les comptes, le prix de six années de silence, ce n’est pas rien !
Let's Walk, est son neuvième album si on tient compte des officiels, elle en partage l’écriture avec Jon Herington, celui-ci s’occupe des orchestrations, arrangements et production. Alors il y a du blues ici et de belles pièces qui font plaisir comme « How I Wish », où elle s’implique contre le virage sécuritaire aux States, ou « Please Come on Inside », le jazzy « Showman Dan » et son le boogie-woogie, et la dernière pièce « Take Care », du haut niveau d’écriture au son bien léché. Il y a également cet orgue enchanteur sur « Blues For Heaven » qui vous attaque bien bas…
Et puis, il y a « « Et puis », la petite attention pour les gars uniglottes dans mon genre, en français s’il vous plaît, il faut dire qu’elle connaît Paris où elle a vécu et joué dans un groupe de rue, alors qu’elle balançait entre le monde de l’adolescence et celui d’une jeune adulte, avec les souvenirs marquants qui s’attachent à la situation… L’album est engagé et personnel, presque militant, tant il embrasse causes et thèmes qui traversent le temps…
Un bel album que je recommande aux amateurs de la belle Madeleine, chez qui, toujours, on revient !