Si l'on pouvait caractériser le nouvel album de Liam Gallagher ou plutôt le premier de ce nouveau petit Super Groupe dont personne n'a voulu s'embêter à trouver un nom, par un titre de l'album, ce serait Rise Your Hands. Où tout est déjà là. Toute la teneur de l'album tiendrait dans le creu du premier morceau, brillant et simple comme bonjour. D'une efficacité propre à nous émerveiller bêtement, comme un gamin retrouvant ses jouets laissés de côté pendant quelques petites années. Ou ses idoles. Mais ni Liam encore moins John Squire ne le sont vraiment. Le premier parce-que trop lunaire en dépit du fait qu'on aime le voir aussi bien troncher qu'être en pleine possession de ses moyens après une fin d'Oasis disons-le, pétée. A cinquante ans passés, il est en passe de devenir (rester?) un des ambassadeurs majeurs de la culture british dans tous les sens du terme : chanteur, styliste, harangueur de foule, prêcheur d'une parole Divinement rock. L'autre, guitariste et cofondateur des Stone Roses, énième prêcheur de la parole Divinement rock dont la matrice sixties aura forgé l'âme de son groupe à défaut d'autre chose réellement marquant. Ses peintures sont chouettes à ce qu'il paraît.
L'union entre les deux est à l'image de ce qui a sûrement poussé les jeunes Stone Roses à former un groupe, tout comme Liam, fan absolu du Stone, qui entamera une session ininterrompue trente ans après d'écoutes bibliques des Pères Fondateurs de la pop, du rock et du psychédélisme (au hasard, les Beatles, Stones, Hendrix, Who, Kinks), quitte à radoter sévère et affirmer qu'il n'y a pas grand chose de bien aujourd'hui.
Écouter Liam Gallagher & John Squire, c'est voyager en Terres rock avec un brio constant, ce qui n'était pas vraiment le cas des premiers opus solo de Liam. C'est amener les gosses d'aujourd'hui vers des intonations, riffs, atmosphères pompés avec une outrance assumée chez ces mêmes Pères Fondateurs. Lovers Rock des Clash sur Mars To Liverpool, Rain des Beatles -ou Waterfall du Stone sur Just Another Rainbow, gimmicks Hendrixiens sur Love You Forever, la liste est très longue. On s'y perdrait même. Mais plus encore que Liam sur ses albums solo, accompagné de musiciens de sessions et producteurs qui touchent leur bille, le rôle de John Squire est ici catalyseur de toute cette énergie, car la mélodie naît de sa brillante six cordes et amène Liam vers, osons le dire, une forme d'épure.
On évitera une certaine mièvrerie (qu'il critiquait pourtant chez Macca), chaque morceau étant encore plus rock que le précédent, quitte à ne pas faire dans la dentelle (I'm a Wheel, pas jojo) ou ne plus étonner grand monde sur la profondeur des paroles. Eternel amoureux, père de famille assumé, les textes sont moins branchés cigarettes et alcool.
Tout le monde sera content, puisque le meilleur album solo de Liam est aussi le meilleur pur-sang de son écurie, capable d'être joué live dans son entièreté, peut-être celui dont il a toujours rêvé tant il est à l'image de ce qu'il prétend défendre et être depuis toujours. Et accessoirement le meilleur de John Squire aussi qui au lieu d'éclabousser ses toiles, emmène sa guitare là où tout bon lad, mod, fan de la première heure voulait aller. Ça marche du tonnerre.