On se prête à reconnaître aux Britanniques le don de l'excentricité, et Divine Comedy ne contredira pas ce lieu commun. Faut-il être aussi dénué de charme et de présence physique pour aller aussi loin dans l'audace ? Rien n'arrête cet homme, qui lance sa voix à l'assaut des étoiles sur fond de violoncelles, puis lui fait frôler l'abime avec le seul secours d'un piano sage, avant d'aller forcer les portes du paradis pop à coup de synthés. Voilà une carte du tendre, pleine de tours et détours par des formes musicales incongrues, frôlant parfois le plagiat, trahissant finalement l'arrogance de ceux qui ont enfin cessé de craindre le ridicule.
[Critique écrite en 1993]