Rob Mazurek, Exploding Star Orchestra – Lightning Dreamers (2023)
Voici Rob Mazurek et son « Exploding Star Orchestra » pour un nouvel album entre électro et jazz électrique, une fusion qui doit à l’univers de Miles Davis au temps de sa période électrique, au jazz-rock qu’il perpétue et aux échantillonnages et bidouillages tels qu’on les pratique souvent sur International Anthem.
Rob est le chef d’orchestre ou de « band » si on préfère, il joue de sa trompette, toujours fort bien, compose et recourt aux traitements électro sans hésitation. Jeff Parker est royal à la guitare, à chaque fois ça fonctionne, qu’ils soient courts ou un peu longs, ses soli nous régalent. Craig Taborn est également magistral, il joue du wurlitzer et du moog matriarch, il n’est pas pour rien dans la réussite du produit final !
Angelica Sanchez joue également du wurlitzer, mais aussi du piano et du moog sub 37. Damon Locks ajoute des textes, dit ou chante des imprécations venues de l’espace-son, il ajoute des samplers et des traitements électro. Gerald Cleaver joue de la batterie à l’ancienne. Mauricio Takara joue des percussions et des percus électroniques également. Et enfin la magnifique Nicole Mitchell chante et, surtout, joue de la flûte.
Toute la première face est très écrite pourrait-on dire, mais ce serait tout de même ambigu de le dire comme ça, disons qu’elle est construite sur des matériaux stables, rassurants, plaisants.
La seconde se compose en deux parties, « Black River » est la première, elle inclue des samples de l’Exploding Star Orchestra enregistrés aux sons d’hiver à Paris en février deux mille vingt-deux avec la regrettée Jaimie Branch, ainsi que Tomeka Reid, Thomas Roher et d’autres dont ceux présents ici.
La musique est du coup très libre, presque abstraite, certainement née d’une improvisation collective assez tendue où chacun s’exprime dans l’espace commun, c’est le moment le plus free de l’album, il exprime précisément ce sentiment de liberté, sans entraves ni dictat, une grande beauté naît de cette jam qui se conclut toutefois sur des rythmes rassembleurs.
« White River » qui termine l’album a perdu cette tension qui habitait le titre précédent pour présenter une musique presque rêvée, d’un autre monde, quelque part dans l’espace, irréelle et presque immatérielle…
Rhodes, guitare et électro embrayent, alors que Gérald Cleaver dessine de grands espaces avec ses percussions, l’ambiance est presque psychédélique, elle vous envoie, c’est sûr, vers une autre dimension…
Un bel album, enregistré non pas à Chicago, mais quelque part au Texas, près de là où vit Rob…