Marteau Rouge & Evan Parker – Live – (2009)
Cet album a été enregistré le dix janvier deux mille huit au « Sunset » à Paris, rue des Lombards, au numéro soixante. Marteau Rouge est le nom d’un trio composé par le guitariste Jean-François Pauvros, dont on entend également la voix, Makoto Sato est le batteur et Jean-Marc Foussat est le gars au synthé VCS3, on l’entend également vocaliser.
Et puis il y a l’invité, l’extraordinaire Evan Parker au saxophone ténor, certainement l’un des musiciens les plus importants de l’entre-deux siècle. Le concert est long, mais il tient sur la galette, soixante-quinze minutes et cinquante-cinq secondes, pour les amateurs de précision.
Il est également vraiment très bon, du genre qui ne fait de l’ombre à personne, car ils sont peu à se consacrer à ce créneau-là. C’est du free-jazz cent pour cent, la musique est librement improvisée au moment où elle est jouée, telle que sentie et ressentie, du « pur jus de free » disent les puristes rigolards, avec ce bon vieux jeu de mot qui traverse les décennies…
A l’époque Foussat n’avait pas encore fondé « Fou Records », aussi c’est le label « In Situ » qui a sorti l’album, un des derniers de ce label finissant. Les titres sont des chiffres, ça commence à un et ça finit à huit, ou plutôt à « Onze, Douze Quand tout sera rouge ». Il y a également « Trois, Tourne mon cœur » et « Six Au temps des cerises », voilà on compte comme on veut, parfois avec des mots, parfois de façon elliptique…
Evan Parker est très à l’avant, il devance et s’installe, se positionne en improvisateur de pointe, sans trop quitter le poste. Il fait tout très bien et régale à plein, difficile de faire mieux, ou même autrement, se dit-on au moment où on l’écoute, sa partition est juste parfaite, comme il convient, plutôt énorme même.
Pour en arriver là, les autres bétonnent à l’arrière, Makoto Sato ne lâche pas la grappe, il est toujours sur le pont, et frape en tous sens, utilisant tous les artifices de son instrument, il joue un peu en solo sur la fin de « cinq » et au début de « six », faisant le liant, il semble qu’un marteau se fasse entendre même, dans le lointain…
Pauvros et Foussat sont également exceptionnels, à leur habitude, comme ils font quand ils font, alors oui, l’album est grand, comme annoncé déjà, certains, qui l’écouteront, s’en convaincront…