Après l'excitation ininterrompue des deux années précédentes, Aerosmith publiait en 1978 son premier live, présenté avec pas mal d'humour comme un "pirate", puisque les enregistrements pirates d'Aerosmith pullulaient alors. L'ironie est que le son est ici à peine supérieur à celui de la plupart des vrais "bootlegs", et on ne peut malheureusement pas dire que le disque soit d'un grand intérêt : les ravages de la drogue dans les cerveaux de Tyler et Perry commencent à produire des effets notables (Tyler chante MAL… et les riffs de guitare sont incroyablement paresseux la plupart du temps, sans parler de la basse quasi absente !), et de nombreux morceaux se diluent dans une auto-complaisance typique des groupes "arrivés au sommet". Honnêtement, en 1978, ce mauvais disque m'a profondément ennuyé, il m' a semblé complètement à côté de la plaque : le rock d'Aerosmith avait cessé d'être excitant, ils étaient devenus des dinosaures dont on anticipait, on souhaitait même la disparition, après seulement deux années de vie trépidante. Après cela, je fermai le chapitre "hard" de ma discothèque, et m'embarquai définitivement dans la cold wave, le post rock ou le rock garage et psyché. Les camés richissimes d'Aerosmith ne signifiaient plus rien pour moi. [Critique écrite en 2015]