Beaupain chante à quel point il aimerait parfois couper les virages et éviter les lignes et j'ai honnêtement souhaité tout le long de l'écoute de cet album qu'il aille jusqu'au bout de ses envies et se mette à colorier effectivement en dehors des traits pour sortir de la convenance dans laquelle il semble embourbé.
Si ses textes sont plutôt agréables et bien écrits, j'ai eu beaucoup de mal à trouver de l'intérêt à sa voix fébrile et à ses orchestrations bien trop timides.
On sent l'artiste toujours dans la retenue mais là où d'autres parviennent à insuffler du charisme, de la chaleur ou de la mélancolie à cette retenue, Beaupain reste incroyablement lisse. J'ai l'impression d'avoir écouté l'album d'un petit garçon timide et névrosé qui n'osait jamais traverser la rue en dehors des passages piétons.
Vers bien rangés au bon nombre de pieds et qui riment toujours, pas un écart, pas une fantaisie, à l'image de sa musique. Je n'ai rien ressenti si ce n'est durant la très jolie chanson "Rue Battant" qui clôture l'album.
A l'écoute de cet album, m'est avis que Beaupain est un bon parolier mais ça s'arrête là.
Pour le reste, Dominique A, Delerm, Biolay et j'en passe sont bien plus accomplis et propose des albums autrement plus convaincants.