Roots Magic Sextet – Long Old Road (Retold Pasts And Present Day Musings) – 2023
Voici le quatrième album de cette formidable formation, ça reste d’ailleurs un mystère pour moi, comment se fait-il que ce groupe ne soit pas plus connu ni apprécié ? Emballant dès la première écoute, sur un créneau blues/jazz plutôt porteur, et formé de musiciens extraordinaires, il semble réunir tellement de qualités que cette indifférence est pour le moins troublante. Pour ma part je possède les quatre albums et je les recommande.
Du coup, la pochette ne perpétue pas la galerie de portraits qui semblait être la marque du groupe, ce sera donc une roue de charrette, vieille et usée qui fera l’affaire… Ce qui n’empêche pas d’avancer, cette fois-ci en sextet, la formation se renforce…
A la base c’est un groupe romain, Alberto Popolla joue des clarinettes, de la basse électrique et du banjo, Errico De Fabritiis des saxs alto et baryton, Eugenio Colombo des flûtes et du sax soprano, Francesco Lo Cascio du vibraphone et des percussions, Gianfranco Tedeschi de la contrebasse et Fabrizio Spera de la batterie; des percussions et de la cithare.
Il y a quelques reprises encore, c’est un point fort de la formation, le titre d’ouverture « When The Elephant Walks » de Kahil El Zabar, « Long Old Road » de Bessie Smith, « Bullying Well » de Rosa Lee Hill et le dernier titre de l’album « Things Have Got to Change » signé par Cal Massey, et dont on trouve l’original sur l’album du même nom de Shepp.
Il y a également des titres dédiés à d’autres musiciens, comme « Blue Lines » pour Muhal Richard Abrams, ou « Amber » pour Abdul Wadud. Pour finir les « curiosités » de l’album il y a quelques écrivains qui ont influencé certaines compos associées à leurs noms, Tony Morrison, Benjamin Zephania et Z.Z. Packer.
On trouve sur des structures solides des solos improvisés souvent enflammés et assez free qui donne à l’album un côté sauvage bien plaisant, il se conjugue avec un sens de la ballade habile et chaloupée, ou encore un aspect assez cinématographique qui semble vouloir faire naître des images chez l’auditeur, à la façon d’une musique de film, créant des ambiances, sans doute en relation avec les écrivains susnommés, « Drinking Coffee Elsewhere » par exemple, ou « Running as Slow as you Can ».
Sinon c’est sur « Clean Feed », comme les autres albums, « Hoodoo Blues », « Last Kind Words » et « Take Root Among The Stars », tous excellents.