Lost in the Dream est en ce qui me concerne une des plus belles surprises musicales de l'année. Le nouvel album de The War on Drugs est, dans la lignée de ce que sait faire la formation américaine, une œuvre plutôt indie rock. Mais au delà de ce simple constat catégoriel, il est surtout un très bon album qui a su me plaire toujours davantage au fil des écoutes. Parfois à rapprocher du nouvel album de Real Estate, "Atlas", pour ses mélodies de guitare entrainantes ou pour certaines sonorités, il en reste très distinct sur beaucoup d'autres aspects.

C'est un album relativement sombre, ou plutôt nocturne, et avec un gros potentiel voyageur de mon point de vue. J'aimerai l'écouter dans ma voiture, en pleine nuit sur l'autoroute. Je pense que l'expérience serait particulièrement concluante. Pour l'instant, je l'ai écouté en conduisant sous une lumière crépusculaire en campagne, et c'était vraiment pas mal. Une chose est sure, il fera encore pas mal de kilomètres avec moi.

A l'origine de cette teinte particulière, un énorme travail sur les arrangements, sur l'ambiance, et finalement sur la profondeur générale de l'album. Le rendu possède une vraie signature que le titre de l'album retranscrit avec perfection. Perdu dans le rêve. Champ (chant ?) musical de l'abandon et du rêve. Chaque écoute est plus riche que la précédente, on se surprend à découvrir tel détail non décelé auparavant, et le plaisir s'accroit encore et encore.

Cette charleston frénétique qui ouvre l'album, tel un moteur au démarrage, dont le rythme se stabilisera pour donner "Under The Pressure", un très beau morceau chargé de mélancolie et de nostalgie. Des émotions symptomatiques de l'album tout entier, très régulier et homogène en tous points. "Red Eyes" assure la poursuite du voyage, claviers, guitare et voix se mélangeant dans ce morceau entrainant et aventureux, pour ensuite laisser place à la langueur délectable de "Suffering". Et puis, "An Ocean In Between The Waves" (mon favori), une balade ascensionnelle terriblement jouissive dont le paroxysme est atteint sur le dernier tiers. "Disappearing", instant mélancolique insaisissable, la voix d'Adam Granduciel évolue au coeur des nappes de clavier et d'harmonica pour finalement nous laisser planer sur l'instrumentale. Les bonnes surprises s'enchainent. Évoquons encore la force de "Eyes To The Wind" et son accompagnement de trompette frissonnant sur le final reprenant le thème initial... ou bien l'efficacité mélodique du titre éponyme.

Tout ceci nous donne Lost in the Dream, un riche bouquet de frissons et d'émotions, de mélodies plus réussies les unes que les autres, parsemées de moments de suspens et de flottements presque oniriques contribuant à en faire une œuvre à l'ambiance unique. Un très bel album.
Endless_
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le 30 mai 2014

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le 5 juin 2014

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Endless_

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