un beau disque, qui aurait pu - et du ! - être très beau.
Simz marche sur une crête très fine entre l'âpreté et la mièvrerie - équilibre périlleux qu'elle semble très capable de réussir tant elle est concentrée et maîtresse de son propos.
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Mais l'art du funambule ne supporte pas un balancier mal équilibré, la moindre erreur est fatale:
Simz bascule à cause des voix masculines qu'elle a invitées dans plusieurs de ses chansons : incroyablement fades et mièvres, sans signatures, sans originalité, que ce soit dans leurs tessitures, leur façon de chanter, ou, plus grave encore, dans l'écriture.
On peut même se demander si Simz ne les a pas voulues ainsi pour garder la lumière ( sombre ) sur son propre chant ?
Si c'est le cas, il y a faute : il fallait au contraire des voix singulières ( hommes ou femmes ), pour contraster avec la sienne, s'entrechoquer et enrichir, faire un tissage vocal...
Si encore il s'agissait de choristes, on aurait pu supporter le lissage; mais non, chacun occupe une part individuelle, un rôle, qui aurait demandé à être intéressant.
Un vrai manque de lucidité de Simz ou de sa production.
Très dommage.
On aimerait pouvoir décaper ça et les remplacer par quelque chose de plus approprié, trouver les bonnes solutions, le bon son...
Restent de très belles chansons : Enough, Lotus, Hollow, Lonely...