Et voilà le 4ème album des Dire Straits. Ce n'est pas encore la gloire totale pour eux. Mais pour moi, c'est sans doute leur meilleur.
Premier point : l'album commence par un morceau d'1/4 d'heure qui restera leur chef d'oeuvre. Une longue épopée, entre Springsteen et Pink Floyd, une longue ballade qui va crescendo, au fur et à mesure que le monde décrit par le groupe se modernise pour le pire et pour le pire. Et puis, ce que je préfère dans la musique, ce sont les guitar hero. Mais pas forcément les plus virtuoses. J'ai une préférence pour les plus sensibles.
Les 4 autres morceaux sont moins héroïques, mais il y a quand même de quoi s'éclater. Private Investigations, qui est le seul single sorti de cet album, est très audacieux pour quelque chose qu'on espère vendre dans le top 50. Mais en numéro deux, mon préféré est Industrial Disease, avec une guitare qui semble dérailler comme les rouages d'une machine d'usine complètement déréglée.
Et puis, quand même (surtout ?), il y a un talent d'écriture, et même de narration d'une histoire où le classique couplet / refrain est plutôt abandonné, le tout pour dénoncer l'ultra-libéralisme, sans doute celui de Thatcher, pour décrire la crise socio-économico-industrielle du monde occidental tout en appelant à autre chose. Le petit point de faiblesse, c'est peut-être la définition de cet autre chose. Mais après tout, ce n'est pas forcément le rôle des artistes de trouver des solutions magiques.
Cet album n'est peut-être pas le plus connu des Dire Straits, mais c'est sans doute le meilleur. D'ailleurs, les données Senscritique le montrent bien : n°4 du top des albums de Dire Straits, il reste n°1 en note.