Luck
7.1
Luck

Album de Tom Vek (2014)

Fagoté et gominé comme dans les années 60, Tom Vek est l’incarnation inattendue d’une dance figée dont la chaleur, toujours présente, se blottit en général au cœur d’une section rythmique inlassablement représentée par des instruments naturels. Avec Luck, le Londonien a atteint en 2014 un tel niveau d’intensité qu’il mérite son chapitre.

Sur scène, contrairement aux spectateurs, Tom Vek ne sue pas, son brushing ne bouge pas d’un millimètre. Sa voix atone épouse celle d’un motif mélodique, souvent unique, que l’Anglais se plait à broder avec des touches électroniques tout droit sorties d’un véritable laboratoire du son. Sur We Have Sound (2005), Tom Vek était obsédé par le look et la texture de ses chansons (l’influence de sa formation de graphiste encore prégnante, pour le meilleur et le pire) et son aura de chercheur ès groove peinait à exploser totalement.

Epaulé par un retraité de Sneaker Pimps, Liam Howe (aujourd’hui producteur d’Adele et Lana del Rey entre autres), Vek revient six ans après We Have Sound avec Leisure Seizure. Six ans, autrement dit une éternité pour un jeune homme dont un premier effort couronné de succès laissait présager un avenir radieux dans l’industrie musicale. L’absence prolongée de Tom Vek, volontaire ou non, l’a contraint à un retour en force : pari réussi. Avec Leisure Seizure, il affirmait il y a trois ans que les espoirs placés en lui n’étaient pas vains, que ses excentricités de production pouvaient être canalisées pour offrir une collection de chansons en forme de hits potentiels.

En 2014, alors que Tom Vek a remis la main sur la totalité du projet (il a tout composé, mixé et produit), Luck sonne comme l’aboutissement d’un processus de création qui aura pris dix ans. Derrière ses lunettes et son masque kraftwerkien, Vek vient de nous rappeler à quel point le terme électro-rock, pour le moins vague et mal représenté (Bloc Party ou la hype fabriquée de toute pièce, la descente en enfer de M83, ce genre hybride n’a fabriqué que des comètes), n’était digne que de lui.

Francois-Corda
8
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Créée

le 3 janv. 2019

Modifiée

le 14 juin 2024

Critique lue 72 fois

François Lam

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