Pas tout à fait un live, pas tout à fait un studio! God bless the baby born today!

Maida Vale est un ensemble de 7 studios de la BBC, pas de public mais des sessions spéciales commandées soit par John Peel ou un autre DJ pour diffusion sur les ondes Hertziennes.
ll est évident que cela pousse le groupe vers une performance live auquel il manque la partie inattendue voire chaotique: le public.


La première session (71) s'ouvre sur un fulgurant Darkness où le groupe diffère parfois de la version studio avec une énergie propre à la situation mais pas tout à fait à la hauteur de la version live donnée en rappel à Montréal en 76.
Le sublime Man-Erg suit, c'est probablement la version, qui rend le plus justement, ce qu'était le morceau live devant public à l'époque. Le sax de Jaxon s'envole différemment et est plus léger dans la partie centrale que sur l'original. Superbe. La voix de Hammill est encore douce et ne succombe pas aux cris répétés des versions ultérieures. Elle garde sa finesse , son phrasé mystérieux et éblouissant . Une magnifique version sans Fripp toutefois pour l'apothéose finale. Cela aurait été chouette de l'inviter .


Puis nous sautons en 75 pour la reformation avec un Scorched Earth , presque copie conforme de la version studio. Idem pour Sleepwalkers de la même session ! Toutefois au niveau du saxophone, le son est plus proéminent, cru, les morceaux sont jetés avec un envol qui tient du live ! la voix de Hammill est moins forcée que sur Vital et plus musclée qu'en studio et les hautes de : “If i only had time” totalement respectées et belles.... ce ne sera pas toujours le cas ultérieurement.


Pour la session du 1er avril 76, la meilleure de la nouvelle époque, le groupe donne un grand coup en jouant Still Life . La version vocalement parlant, est la meilleur jamais enregistrée “live”. Hammill chante comme s'il enregistrait une version originale. Même le son du studio, qui a quelque chose d'une cathédrale, amplifie la dimension sacrée de la chanson. Le disque n'est pas sorti encore et sera sur les tablettes 15 jours plus tard. Donc les gens qui écoutèrent live ce soir là découvrirent Still Life sur leur radio ! D'ailleurs la version colle totalement à celle du studio, sauf ce quelque chose de lointain dans la voix. Les trois derniers : “Her's for ever ” sont encore plus beaux que sur l'original.
Suit La Rossa qui d'entrée voit l'ouverture de l'orgue différent de la version studio. La Rossa est peut être la version la plus différente de l'originale. Il y a même des effets studio dûs à l'ingénieur. Magnifique ! Le “ Monkey screams” est saisissant ! Le passage doux avec “ just the surface” est hypnotisant...plein de nouvelles choses, délicates, subtiles, seuls les fans jouiront avec cette rousse. La Rossa ne se donne pas à tous. Tout le chant de Hammill se situe , dans cette version , entre le studio et le live. Il est conscient qu'il est en studio, ne peux pousser sa voix au maximum comme en salle! Et cela le sert bien finalement. La finale est sublime au sax !


La session du 11 novembre 76 (quelques jours après l'anniversaire de Hammill) s'ouvre avec un When she comes tout frais sortis sur disque et enregistré originellement un mois après le Maida Vale précédent. Il est hallucinant de voir la production de VDGG en 76. La folie de la création s'est emparée du groupe. Pour en revenir à la version, elle est encore assez collée à l'originale avec quelques effets de voix faits en studio. Le sax de Jaxon, dans la partie centrale, est la principale différence et il est magnifique! La finale s'envole, rugueuse à souhait, et Hammill contrôle sa puissance à la perfection.
Mask conclut l'album avec encore une ouverture au saxophone légèrement différente et captivante. Le reste de la chanson est un petit peu en-dessous de la version studio dans l'ensemble malgré les parties nouvelles de sax de Jaxon. Mask souffre peut-être d'être le titre le plus faible de World Record et en “live” cela parait plus.


Cet album n'est pas indispensable dans la collection . Par contre les enragés l'apprécieront . Il y manque la vraie énergie live qui faisait somber le groupe dans le chaos ou la perfection avec tant de délectation pour le public. Il y manque aussi un titre culte comme Pilgrims ou Wondering ou Refugees ou un House with no door (rare) pour entrer dans la légende des albums cultes de VDGG....


Anyway bless the baby born today !

RockNadir
9
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le 13 juil. 2020

Critique lue 92 fois

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